Grégory Doucet, le maire écologiste de Lyon, n’a pas obtenu du préfet Etienne Guyot que des manifestations soient autorisées ce samedi à Lyon contrairement à Paris où un accord a finalement été trouvé. Les trois maires d’opposition, Pierre Oliver, Thomas Rudigoz et Samuel Soulier, soutiennent la décision du préfet suite aux casses et pillages du samedi 17 octobre. Craignant un nouvel épisode de violences, les commerçants du centre-ville se sont protégés.
“Il y a six jours, Lyon a vu brûler le pavillon de la place Bellecour, debout depuis 1852. Elle a vu près de 200 commerces attaqués, saccagés, pillés en plein jour. Elle a vu des policiers blessés et des pompiers empêchés d’approcher les flammes. Le Maire de Lyon lui-même a parlé de « chaos ». Ces images ont fait le tour du monde. Elles resteront longtemps dans la mémoire des Lyonnais, d’abord dans celle des commerçants et des habitants de la Presqu’île, qui comptent encore leurs pertes derrière des vitrines en contreplaqué”, déclarent Pierre Oliver, maire LR du 2e arrondissement , Thomas Rudigoz, maire Modem du 5e arrondissement et Samuel Soulier, maire Horizons du 6e arrondissement dans un communiqué commun.
Ces trois élus rappellent que le droit de manifester est une liberté fondamentale mais ils apportent leur “soutien plein et entier” à la décision du préfet Etienne Guyot d’interdire toute manifestation à Lyon le 24 octobre. En effet, cette décision “grave” leur apparait “justifiée” par des circonstances exceptionnelles et suffisamment encadrée : “elle vise une seule journée, dans une ville encore sous couvre-feu ; le risque est connu, il y a déjà un bilan, des victimes et des ruines ; nos policiers et nos pompiers, éprouvés il y a six jours, ne doivent pas affronter une seconde fois la même violence ; les Lyonnais ont eux aussi des libertés et doivent pouvoir travailler, commercer, circuler, rentrer chez eux en sécurité.”
Pour eux, c’est même une condition pour retrouver un droit de manifester dans de bonnes conditions. “Le droit de défiler reviendra dans nos rues. Il y reviendra d’autant plus sûrement que Lyon aura retrouvé le calme. Le premier devoir d’un élu est de protéger tout le monde : les commerçants, les habitants, les policiers, les pompiers et les manifestants eux-mêmes.”
Des rassemblements sont cependant attendus.
Craignant de nouveaux dérapages, les commerces du centre-ville de Lyon qui ont eu, samedi dernier, leurs vitrines brisées avant d’être pillés, et leurs voisins, se sont protégés. La majorité a installé des panneaux OSB. Le bijoutier AUGIS 1830 -Galeries Lafayette-Royal Quartz Paris, dont la solide devanture avait été soulevée samedi dernier, a ajouté une nouvelle couche de protection métallique.
La Métropole de Lyon a préventivement fermé ses musées : les Confluences et Lugdunum, et deux sites de la Biennale d’art contemporain de Lyon : musée des Tissus et des Arts décoratifs et la Fondation Bullukian.
La Mairie de Lyon a fait de même pour le Musée des Beaux-Arts, le musée Gadagne et le Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation. Fermeture également des bibliothèques dans le 1er, 2e et 6e arrondissements, de celles des quartiers Part-Dieu et Dugesclin dans le 3e, celle de Saint-Jean dans le 5e et de Guillotière et Jean Macé dans le 7e.
Pour les mairies d’arrondissements, c’est variable. Celles du 2e, du 4e et du 9e, ont prévu d’accueillir les visiteurs aux horaires habituels du samedi, les mairies du 1er, du 3e, du 7e et du 8e arrondissements n’ouvrent que pour les mariages, celle du 6e acceptent également les démarches en plus des mariages. Dans le 5e, la mairie elle-même est ouverte mais son antenne du Vieux-Lyon est fermée.
Ces fermetures interviennent dans des secteurs concernés par les interdictions de manifester ou dans des quartiers habituellement visés par les casseurs. Compte-tenu des évènements de samedi dernier, une vigilance particulière est apportée à la protection des commerces mais aussi des bâtiments publics.





Photo : Ophélie Fink











