Mardi 6 octobre : manifestation de la place Bellecour à la place Guichard

La colère lycéenne, partie de Creil en région parisienne le 17 septembre, s’est étendue à une majorité des lycées français. Un mouvement désormais soutenu par les organisations syndicales et partis de gauche qui appellent à rejoindre la manifestation au départ de la place Bellecour ce mardi 6 octobre, à 10h, pour rejoindre la place Guichard.

Cette manifestation a été autorisée par la Préfecture du Rhône qui a, au contraire, interdit tout cortèges ou rassemblements revendicatifs dans un rayon de 100 m autour des établissements scolaires, de même que le port de tout ce qui permet de masquer son visage : casques, masques, lunettes de protection….

Le mouvement lycéen, rejoint la semaine dernière par des organisations étudiantes, est désormais soutenu par de nombreux syndicats et partis de gauche.

”Les organisations syndicales du Rhône CGT, FSU, Solidaires, CNT-SO et CNT apportent leur soutien à la mobilisation des lycéennes et lycéens qui touche plus de 40 établissements dans notre département. Ils revendiquent des classes moins chargées, des enseignant-es remplacé-es, des établissements salubres et protégés de la chaleur,l’abandon de Parcoursup qui les prive de places à l’Université dans la filière de leur choix”, communiquent Rindala Younès, secrétaire académique du SNES-FSU et François Jandaud, secrétaire départemental de la FSU du Rhône. Ces organisations d’enseignants considèrent que les revendications des lycées rejoignent les leurs. Ils apportent leur soutien à tous leurs militants qui manifesteraient ce mardi 6 octobre et, si ces revendications ne sont pas écoutées, se disent prêt à les soutenir “par tous les moyens nécessaires y compris la grève.”

Ralliements également des partis de gauche et pas seulement de LFI, accusé par le gouvernement d’attiser la violence.

“Les militant(e)s de la Fédération du Rhône du PCF appellent à rejoindre le mouvement de revendication porté par la jeunesse de notre pays”, déclare ainsi Benoît Roux, secrétaire de la Fédération du Rhône du Parti Communiste Français, dans un communiqué, “Rassemblements, blocages, manifestations, la jeunesse se mobilise et manifeste une colère légitime. Ce que réclame cette jeunesse, c’est le respect, pouvoir étudier et travailler dans de bonnes conditions.”

“Quand la jeunesse se soulève, nous devons nous tenir à ses côtés”, affirme la députée PS de Lyon Sandrine Runel, qui tient “tout de même à condamner l’action de quelques agitateurs venus de l’extérieur.”

Mardi 29 septembre, un précédent rassemblement intersyndical avait été marqué par des incidents avec, selon la Préfecture, des tirs de mortiers, des jets de projectiles et des incendies de poubelles, donnant lieu à 44 interpellations. Trois jours plus tard, le bilan était de 106 interpellations avec 33 blessés parmi les membres des forces de l’ordre blessés et 7 côté élèves ou professeurs.

Dans toute la France, plusieurs scènes de violences de manifestants contre des policiers ont été diffusés sur les réseaux sociaux, des comportements qui ont entraîné plus de 1 800 poursuites judiciaires et 14 placements en détention provisoire.

Certaines réactions des forces de l’ordre ont été considérées comme suffisamment problématiques pour entraîner six saisies de l’IGPN, la police des polices, afin de recouper les faits. A Tours, mercredi 30 septembre, un lycéen a perdu un œil suite à un probable tir de LBD et, à Lens, un autre lycéen a eu sa main arrachée aujourd’hui par ce qui serait une grenade de désencerclement.

La responsabilité des lycées est partagée entre les Régions, pour la construction et le fonctionnement des bâtiments ainsi que pour les personnels non enseignants chargés de l’accueil, de la restauration et de l’entretien, et l’Etat pour tout ce qui relève de l’enseignement.

En dégradant des bâtiments financés par les Régions, y compris les plus récents comme celui incendié à Nantes, pour dénoncer les conditions d’enseignement qui relèvent du Ministère de l’Education Nationale, les casseurs ont à la fois brouillé le message initial et suscité l’indignation compte tenu des millions d’euros d’argent public investis. L’ancien président de la Région, Laurent Wauquiez, désormais conseiller spécial, a chiffré les dégâts à 23 millions d’euros en Auvergne-Rhône-Alpes et annoncé le dépôt de 400 plaintes.

L’encadrement de la manifestation de ce mardi par des organisations syndicales rodées à cet exercice, pourraient contribuer à limiter les incidents qui restent à craindre, notamment en fin de manifestation. Au moment où le cortège doit se disperser, il n’est plus rare que des casseurs affrontent les forces de l’ordre.

 

Photo: ce lundi 5 octobre 2026, déploiement de forces de l’ordre devant le lycée Charlie Chaplin à Décines-Charpieu.

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