Véronique Sarselli, la présidente LR de la Métropole, avait retiré les délégations de ses trois vice-présidents en juin. Motif de cette sanction : ils ne l’avaient pas informée des accusations de viol par soumission chimique portée par une militante de Cœur Lyonnais, aujourd’hui élue, contre Roman Abreu, le directeur de la communication de leur campagne pour les élections municipales de 2026 à Lyon. Or, ils avaient fait campagne ensemble sous cette bannière. Ce silence était pour elle un signe de déloyauté. Emmanuel Imberton avait précisé par la suite à Mag2Lyon ne pas avoir été lui-même informé des faits avant les élections. Roman Abreu reste présumé innocent. En août, Jean-Michel Aulas et Laure Cédat avaient saisi le tribunal administratif pour récupérer leurs délégation. Par Lionel Favrot
Une décision que Véronique Sarselli déclare avoir prise pour apaiser la situation. « J’ai tranché pour l’institution et le territoire, pas pour des personnes. Ma décision s’accompagne d’un rappel clair des règles qui s’imposent à tous les membres de l’exécutif : loyauté, solidarité, travail collectif et respect de la parole de l’institution. Ces principes ne sont pas négociables. »

Recadrage
La Métropole de Lyon affirme dans ce même communiqué diffusé jeudi 10 septembre au soir, que ces trois vice-présidents « ont pris acte de ce cadre ». Ce communiqué cite aussi une déclaration de Jean-Michel Aulas qui reconnaît une mauvaise appréciation initiale de la situation.
« Les semaines écoulées ont été difficiles pour l’institution et pour chacun. Je mesure les tensions qu’elles ont fait naître. Le recul me permet aujourd’hui de reconnaître que mon appréciation initiale de la situation n’a pas été pleinement adaptée et que certaines de mes réactions n’ont pas toujours été opportunes. Je suis heureux de la décision de la Présidente et lui réaffirme mon engagement à contribuer à l’action de la majorité au service des Grands Lyonnais, dans un esprit de responsabilité et de loyauté », déclare Jean-Michel Aulas.
Un coup de théâtre alors que certains prédisaient une prochaine assemblée particulièrement houleuse à la Métropole de Lyon, au sein même de la majorité.

L’opposition dénonce un manque d’éthique
Les réactions de l’opposition ne se sont pas fait attendre. Pour Renaud Payre et Fanny Dubot, co présidents du groupe écologistes et apparentés de la Métropole de Lyon, ont communiqué dès jeudi soir leur position “La décision de Véronique Sarselli est une insulte aux femmes victimes de violence sexuelles et sexistes.”
“Nous apprenons ce soir que Véronique Sarselli, présidente de la Métropole a décidé de lever la suspension de ses trois vice-présidents. Leur suspension était due à leur manque de protection et de soutien à une femme victime de viol. Trois mois plus tard, et après un été marqué par les règlements de compte politiciens de la droite métropolitaine, la suspension est levée. Pour autant, aucun grief initialement avancé contre les trois vice-présidents n’a été écarté. Mais surtout depuis la révélation de cette affaire aucune mesure de lutte contre les violences sexistes et sexuelles n’a été prise par la Métropole de Lyon. Seule l’annonce d’une mission VSS fait office d’écran de fumée.
Cette décision rendue publique ce soir symbolise le manque d’éthique de la droite métropolitaine, le manque de considération pour la victime, une certaine fébrilité de la Présidente de la Métropole sur la solidité de sa majorité, et le souhait de privilégier les intérêts politiciens au détriment de l’intérêt de la collectivité.”











