Bron bascule à droite

Après 50 ans de socialisme, les Brondillants ont élu LR Jérémie Bréaud avec 51,23 % face au maire sortant Jean-Michel Longueval. Ce changement de couleur politique s’explique par les problèmes d’insécurité contre lesquels Jérémie Bréaud a promis de lutter avec la vidéosurveillance et des effectifs supplémentaires. Portrait. Par Clotilde Brunet

 

Le nouveau maire de Bron, Jérémie Bréaud, 39 ans, a grandi entre Caluire et Lyon. Il a passé ses années de collège et de lycée aux Chartreux. Ses parents, graphiste-illustrateur pour son père et médecin conseil à la Sécurité Sociale pour sa mère, n’étaient pas vraiment engagés en politique. “Pour être totalement franc, ma mère a déchiré sa carte d’électeur lors de la victoire de Mitterand en 1981 et elle a revoté en 2007 pour Sarkozy”, raconte-t-il. Son engagement politique précoce Jérémie Bréaud le doit plutôt à sa grand-mère du Vaucluse. “Elle m’a parlé, dès mon plus jeune âge, de Chirac, De Gaulle, Juppé, Pasqua…” Jérémie Bréaud a pris sa carte au RPR à 16 ans, après la défaite de la droite emmenée par Alain Juppé aux législatives de 1997. “À cette âge-là, vous avez envie de changer la face du monde. C’est la fougue de la jeunesse. J’ai trouvé une vraie famille au RPR.”

HEC

En parallèle, après le Bac, Jérémie Bréaud à commencer des études en droit, à Lyon 3. Il n’a pas poursuivi sur cette voie, en 2002 il a passé plus de temps à militer pour l’élection présidentielle qu’à fréquenter les bancs de la fac. “J’ai pris un virage à 180 degrés et je suis parti faire HEC à Montréal. J’ai également fait une année en échange à Mexico.” Diplômé et de retour en France, il a commencé à travailler dans un cabinet de recrutement avant de fonder une agence de communication avec deux associés. Après une dizaine d’années dans le privé, Jérémie Bréaud est devenu chef de cabinet du maire LR de Saint-Priest, Gilles Gascon, en 2016. “Ça m’a permis de bien comprendre le fonctionnement d’une mairie, ce qui m’aide considérablement aujourd’hui. Il faut trouver l’équilibre entre l’exécutif et les services”, estime le nouveau maire de Bron. “Avec Gilles Gascon, nous sommes devenus des amis proches. Nos deux territoires sont limitrophes, nous allons être amenés à travailler ensemble sur un certain nombre de sujets.” Sur le plan personnel, le jeune maire est en couple depuis 5 ans et a une belle-fille de 18 ans.

Henry Chabert

Parmi les personnalités qui l’ont forgé politiquement, Jérémie Bréaud cite volontiers Henry Chabert. “Il était le député de ma circonscription quand je me suis encarté, en 1997. Il avait vision de Lyon très intéressante, aux niveaux urbanistique, économique, culturel… C’est quelqu’un qui transpirait Lyon.”À partir de 2012, Jérémie Bréaud a fait partie de la garde rapproché de Michel Havard. “Il venait de perdre aux législatives et il partait à la conquête de Lyon. J’ai remis un pied dans la politique à cette époque-là… J’ai été le dernier élu sur la liste de Pascal Blache dans le 6e arrondissement.” Son premier mandat, dont il a démissionné en 2019 pour s’installer à Bron. “En toute franchise, quand on est venu me proposer de partir à Bron, j’ai pris le temps de la réflexion et un moment, je me suis dit allez, je me lance ! On a vu d’autres exemples, mon ami Alexandre Vincendet a gagné Rillieux en 2014 en ayant débarqué quelques mois avant et a été réélu en mars avec plus de 65 %.”

Opposition constructive

Tout en reconnaissant ne pas être un magicien et ne pas tout pouvoir régler en 15 jours, Jérémie Bréaud a l’intention d’agir face à l’insécurité sur sa commune en déployant la vidéosurveillance avec des caméras en temps réel et en augmentant les effectifs de police. ‘’Non pas pour plus de répression mais pour plus de présence sur le terrain et de prévention”, justifie l’élu. Il a aussi l’ambition de peser à la Métropole, où il a été élu ainsi que sa colistière de Bron, Nathalie Bramet Reynaud. “On fait partie du groupe de la droite et du centre, on est le plus gros groupe d’opposition. L’idée est évidemment d’être une opposition constructive. Les dossiers qui nous paraitrons pertinents, on les votera. Et inversement.” Il se garde bien de juger de l’élection des Verts, à peine élus. Parmi les dossiers qu’il attend à la Métropole : la reconversion de la caserne Raby en un millier de logements, la place de la Liberté qui appartient à la Métropole, les transports…

S’il lui reste un peu de temps libre, Jérémie Bréaud le consacrera à ses deux passions : les voyages et Johnny Hallyday. “J’étais place de la Madeleine le jour de son enterrement. Dans les années 80-90, mon père a réalisé les programmes, les t-shirts pour les concerts d’un tas d’artistes dont Johnny. En mars 1991, il m’a emmené voir Johnny à Gerland. Ça a été la révélation.”

 

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