Le festival de Fourvière c’est aussi des créations collectives comme celle du 5 juillet au théâtre de l’Odéon. La chanteuse Clara Ysé a convié des musiciennes des mots qu’elle admire : Angelica Liddell, Laura Vasquez et Casey pour une ode à la poésie. La chanteuse, autrice et compositrice raconte ce qu’elle a prévu pour cette nuit exceptionnelle. Par Agnès Benoist
Prise de scène, prise de risque, le petit théâtre de l’Odéon sera sous l’emprise de la poésie le 5 juillet. Il va accueillir une création autour de quatre femmes pour lesquelles mots et musique vont de pair. Les Nuits de Fourvière ont proposé à la chanteuse et écrivaine Clara Ysé une sorte de carte blanche pour organiser une nuit de la poésie. Cette création autour de la musicalité de la poésie sera unique, éphémère promet d’être intense : « Je me suis retrouvée à inviter des personnes que j’admire. Elles ont toutes dit oui et ce sera leur première rencontre» explique Clara Ysé.


Angelica Lidell, Laura Vasquez et Casey
Angelica Liddell, tout d’abord. L’Espagnole est connue pour ses mises en scène puissantes et avait défrayé la chronique lors du festival d’Avignon 2024. « C’est une des artistes qui m’a le plus bouleversé. Je l’ai découverte adolescente et je n’ai pas manqué un seul de ses spectacles. C’est aussi une immense voix de la poésie contemporaine « Clara Ysé clame aussi son admiration pour la jeune poétesse contemporaine Laura Vasquez, qui a été prix Goncourt de la poésie 2023 pour l’ensemble d’une œuvre qui a du rythme. Troisième invitée la rappeuse Casey dont la plume tient lieu de diplôme auteur de l’album Libérez la bête qui a souvent collaboré avec la Lyonnaise Virginie Despentes.
Clara Ysé, qui se retrouve actuellement en studio à son troisième album, défend depuis longtemps le format scénique entre poésie et musique. « J’écris de la poésie depuis que je suis toute petite, j’ai commencé la musique jeune, et je crois qu’enfant, je mettais d’instinct la poésie du côté de la musique plus que de la littérature ».

Des voix bulgares et des cordes
Ainsi devenue à la demande de la direction des Nuits de Fourvière, chef d’orchestre d’une soirée protéiforme, Clara Ysé a aussi invité des instrumentistes chers à son cœur, au clavier, au violon et violoncelle, et des voix bulgares : un chant choral poétique qui se joindra au gré des improvisations aux trois femmes qui mettent les mots au cœur de leur création. « C’est très différent dans la construction des concerts de ma tournée qui sont écrits au millimètre près ». Elle va répéter en amont à Paris avec les musiciens, construire un canevas puis il y aura une générale la veille du 5 juillet. Angelica Liddell, Laura Vasquez et Casey travaillant de leur côté tout en échangeant avec Clara Ysé. Autant dire qu’il y aura peu de répétitions pour une soirée qui se veut une réunion d’univers et aura beaucoup de souplesse dans la forme. « Je tiens à cette extrême présence qu’exige l’improvisation. »
Clara Ysé, qui a aussi publié deux recueils de poèmes dont « Des lances entre les phalanges » (2025 édition Seghers) sera évidemment sur scène. « La soirée sera ouverte, son fil conducteur sera de défendre, de mettre en évidence le lien entre poésie et musique ».
On observe paradoxalement dans notre monde contemporain un regain de la poésie notamment via les réseaux sociaux qui permettent une publication immédiate sans le média du livre. Pour Clara Ysé, « la langue scandée ne laisse pas de place pour le mensonge, c’est une langue mystique » Je pense que ce grand retour de la poésie est lié aussi à la situation géopolitique aux mensonges d’autres langage comme le politique. Dans notre société certaines langues nous trahissent. La poésie peut nous sauver « affirme avec force Clara Ysé. Elle veut nous le prouver sur scène, soyons au rendez-vous le 5 juillet.

Réservation sur nuitsdefourviere.com prix de 18 à 35 euros
Crédit photo:
Angelica Lliddell : @Ximena and Sergio ; Laura Vazquez : ©Elise Blotière ; Clara Ysé @Smith ; Casey @Anaïs C.









