Cette somme a été débloquée “en faveur des commerçants, artisans et entreprises victimes des violences urbaines” annonce le Grand Lyon qui a pris sa décision lors d’un conseil exceptionnel ce mercredi. La Chambre de commerce et d’industrie Lyon Métropole Saint-Etienne Roanne va compléter ce dispositif. Objectif : les aider à réparer, mieux se protéger. Par Lionel Favrot
Suite aux violences urbaines et aux pillages du samedi 17 octobre, Véronique Sarselli, présidente LR de la Métropole, avait organisé une réunion avec des acteurs économiques dès le lundi suivant (voir la vidéo Instagram de la conférence de presse ci-dessous). Ce que le Grand Lyon qualifie de “mobilisation collective sans précédent (…) aux côtés de l’État, des chambres consulaires, des organisations professionnelles et des représentants des commerçants.” Ce fonds d’urgence a en effet rassemblé 10 millions d’euros en 48h.
307 commerces ont été touchés dans le ressort de la CCI de Lyon Métropole Saint-Etienne selon Philippe Valentin, président de la CCI qui a organisé en début de semaine une conférence commune avec Alain Di Crescenzo, président de CCI France. 190 d’entre-eux sont encore fermés. Les dégâts sont estimés à 20 millions d’euros par ces institutions.
Pour Lyon et sa métropole, le nombre de commerces touchés s’élève à plus de 200 commerces.
Le plan d’urgence de la Métropole de Lyon se décline “en trois dispositifs complémentaires, qui pourront être cumulés”, précise-t-elle dans son communiqué en ajoutant “qu’un guichet unique est mis en place avec la CCI Lyon Métropole Saint-Étienne Roanne.” Ce qui permettra de “déposer un seul dossier pour accéder aux différentes aides.”
A savoir que cela s’adresse aux commerçants, artisans et entreprises sinistrés depuis le 29 septembre et jusqu’au 31 décembre 2026.
Ces trois dispositifs sont :
“3 millions d’€ pour une aide d’urgence à la remise en état : vitrines, portes, rideaux métalliques, aménagements intérieurs, remplacement du matériel professionnel… Chaque établissement pourra bénéficier d’une aide pouvant atteindre 33 000 €, dont 30 000 € financés par la Métropole et 3 000 € par la CCI.”
“6 millions d’€ d’avance en soutien à la trésorerie, à la reconstitution de stocks et la reprise d’activité. Pour les professionnels confrontés à des difficultés financières, la Métropole propose une avance remboursable à taux zéro pouvant atteindre 100 000 € par établissement. Ce dispositif prévoit un différé de remboursement de 12 mois, suivi d’un remboursement sur 36 mois.”
“1 million d’€ pour acquérir des équipements de protection et de sécurité avec une aide pouvant atteindre 15 000 € par établissement. Cette aide pourra notamment financer
.des équipements de protection des vitrines et des accès : rideaux métalliques, grilles anti-effraction, vitrages renforcés ou dispositifs de fermeture,
.des équipements électroniques : caméras de vidéosurveillance intérieure, alarmes et détecteurs d’intrusion,
.des dispositifs de prévention destinés à dissuader les intrusions et à limiter les dégradations.”
La Métropole précise que ce troisième dispositif est conditionné à l’engagement par les communes concernées au renforcement de « la sécurité, notamment par le développement de la vidéoprotection.” Cette condition a été aussi dénoncée par le groupe écologiste de la Métropole comme une manière de “trier les commerçants.”
Le Grand Lyon a aussi pris deux mesures complémentaires vis-à-vis des victimes de ces violences urbaines:
L’une est déjà actée. Il s’agit d’un report de la facturation de l’eau : les professionnels sinistrés ayant déposé une demande auprès du guichet unique ne recevront pas leur facture avant début 2027. Des facilités de paiement pourront également leur être accordées.
L’autre mesure complémentaire, destinée à “soutenir le commerce local”, est à l’étude avec les commerçants.
Vidéo instagram
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