DANSE Nos nuits avec Marlene

La chorégraphe cap-verdienne Marlene Monteiro Freitas sera de nouveau à Lyon avec son univers saisissant de danse théâtre. Après son travail auprès du Ballet de Lyon, Nöt, présentée en ouverture du Festival d’Avignon 2025, sera les 6 et 7 mai à la Maison de la Danse. Par Agnès Benoist

Avec Canine Jaunâtre 3, pièce sportive et burlesque, Marlene Monteiro Freitas avait marqué les esprits par son humour grinçant et son univers absurde. Chant, sauts, énergie collective et références à la compétition sportive y étaient portés par une bande-son audacieuse, allant de la cold wave (She Lost Control de Joy Division) au Lac des cygnes. Une entrée en matière jubilatoire dans l’univers de la chorégraphe. Et une belle découverte d’un univers à part pour les danseurs internationaux du ballet de Lyon.

Changement radical de sujet avec Nöt. Formée chez P.A.R.T.S. auprès d’Anne Teresa De Keersmaeker, Freitas y délaisse l’ironie frontale pour explorer des zones plus sombres et une version sanglante des mille et une nuit, thème de départ. La pièce s’enfonce en effet dans la nuit, le chaos et l’inconfort. Décor blanc, froid et grillagé, lits d’hôpital, cuvettes, draps ensanglantés : loin des palais des Mille et Une Nuits, l’espace évoque davantage un camp de réfugiés. La grande scène du Festival d’Avignon était difficile à habiter avec un nombre de danseurs limités pour cause de budget. La scène de la maison de la danse va donner à Nöt qu’elle a retravaillé depuis, l’intensité recherchée.

Resserrée Nöt frappe par la noirceur du propos la puissance de certaines images et la précision du geste. Pas ancrés dans le sol, mouvements soupesés, entrechats glissés sur chaise, percussions à couteaux tirés composent une écriture chorégraphique d’une intensité rare. Qui imprime durablement les mémoires.

Certaines scènes marquent durablement : le chant d’une interprète cul-de-jatte traversant la scène, les masques rappelant les figures du Cendrillon de Maguy Marin, avec qui elle partage une vision si singulière de notre monde. Ou encore, le final dansé saisissant d’un interprète en Tutu sur The Mercy Seat de Nick Cave. Du chaos de la nuit surgit alors une beauté brute et inquiétante.

Marlene Monteiro Freitas y confirme en tout cas un sens aigu de la scénographie, du geste et de l’image. Elle a son sens à elle du temps et du récit qu’elle étire ou raccourci refusant notre monde Instagram. Une personnalité qui compte dans la danse d’aujourd’hui

Nöt — Maison de la Danse, Lyon,6 et 7 mai 2026,

A l’occasion de la sortie du livre  Troubling the Stage: The Choreographic Work of Marlene Monteiro Freitas (Lenz Press, 2025), rencontre avec Marlene Monteiro Freitas et Tiago Guedes jeudi 7 mai à l’issue de la représentation au plateau ouvert.

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