PATRIMOINE  Art à ciel ouvert à Bourg-en-Bresse 

La capitale de la Bresse se transforme en galerie d’art pour la deuxième édition de la ZOA, biennale de la ville autrement. Sculptures, peintures murales, mobiliers urbains, invitent à un autre regard sur la Ville et son patrimoine jusqu’au 6 septembre.  Une balade urbaine. Par Agnès Benoist 

Gourmande, riche d’un patrimoine urbain reconnu, la capitale de la Bresse est une excellente destination estivale d’autant que depuis 2024, elle propose une Biennale d’art contemporain à ciel ouvert pour déambuler et découvrir ou voir autrement la ville. Pour la deuxième édition de ZOA, la biennale de la ville autrement, une dizaine d’artistes ont été conviés à s’emparer de quinze lieux bien identifiés dans la ville et de créer à ciel ouvert pour en mettre plein les mirettes aux visiteurs. Une raison de plus d’allier visite de la ZOA et du monastère royal de Brou, à l’architecture gothique magnifique et découvrir ses maisons à colombage, dont la fameuse demeure Hugon, rue Bash à proximité de la Cathédrale. 

Mais commençons la visite, guidée par le regard des artistes choisis. Le regard, justement, sera en vedette à la Zoa autour de la chapelle de la Madeleine (point 2) avec des collages monumentaux réalisée par Les murs ont des oreilles, une artiste urbaine qui vit entre Strasbourg et Paris et a entamé une collection de collages consacrée à l’illustration d’expressions idiomatiques à partir de tableaux méconnus de l’histoire de l’art. Avec « garder un œil ouvert», le passant sera donc scruté par des yeux doux, inquisiteurs, féroces ou amoureux issus de tableaux de collections. Autant de regards qui inviteront doublement eu égard à la dimension spirituelle de la chapelle à jeter un œil à l’intérieur, propice à l’introspection. 

Fenêtre sur cour 

On retrouvera Les murs ont des oreilles avec une autre phrase sur les 27 fenêtres du célèbre monastère royal de Brou, constitué d’une église et de trois cloîtres. L’expression choisie pour la cathédrale, « jeter l’argent par les fenêtres » est prise au sens littéral et l’on verra autant de personnages féminins jeter coffres, bijoux, chandeliers… Sans risque de blessures pour les passants qui auront le regard levé. Une invitation forcément à entrer au cœur du magnifique ensemble architectural gothique et sa toiture colorée unique qui abrite également le témoignage d’une histoire d’amour, celle de Marguerite d’Autriche et Philibert II, dit le Beau, pour lequel elle a construit un tombeau au début du XVIe siècle pour garder vivant son amour. C’est le dernier point de rendez-vous, le numéro 15. 

Juste avant pour le marché aux fleurs, c’est le Lyonnais Bambi Bakbi, peintre et tatou artiste, qui propose des repères graphiques floraux stylisés et joyeux dans le style des mangas japonais.

Place Clémenceau, devant la Cathédrale (repère 12) Loraine Motti, installée à Montpellier, propose une fresque inspirée des tapisseries du Moyen Age qui raconte la légende la construction de l’édifice. Un style poétique que l’on retrouvera le long de l’allée de la Challes (point 13), qu’elle jalonne de grands panneaux sur le thème de la faune et la flore, autant de repères graphiques. Son travail puise l’inspiration chez les peintres muralistes latino-américains tout en restant très contemporain.  

Place ensuite aux sculptures monumentales, mode d’expression propice à la déambulation urbaine. La Mâconnaise Juliette Miséréré va planter ses maisons de poupées géantes sur le parvis de la gare. Elles flotteront sur des nuages et une autre échouera sur la pelouse de la place des Cordeliers, semblant sortie tout droit du conte du magicien d’Oz (repère 1 et 6). 

Rêverie organique 

Autre ambiance plus organique avec le collectif Artimuse. Rhizome, conçue à partir de cagettes de bois récupérées forme une forêt surprenante, une matière sinueuse qui transforme l’espace urbain (repère 7). Samuel Chazot a lui imaginé un jardin éphémère conçu comme un cabinet de curiosité, esplanade de la Comédie. Il invite à la pause aux côtés d’un mystérieux visage d’inspiration zen (repère 10). Même invitation, mais tendance design, avec le mobilier expérimental de PIC (Post Industrial Craft) deux bancs colorés et durables (repère 3). Enfin, la version enfantine avec le banc mouton mis en peinture par Bambi Bakbi. 

Enfin, le tissu va s’emparer du ciel de Bourg-en-Bresse avec l’installation graphique de Damien Poulain à partir de fanions de textiles imperméables recyclés. Il a créé une sorte de kiosque festif, à l’ambiance de fête de village, sur la place Edgar-Quinet. Tissu encore avec les Jardins suspendus d’Isabelle Fournier, motifs floraux tissés suspendus au croisement des trois carrefours de rue dans la zone piétonne. 

Bref, Zoa est une invitation à voir la capitale de la Bresse autrement, avec des artistes inspirés par la singularité du territoire, le patrimoine historique de la ville, la végétation et les paysages de l’Ain.  

 Photo @DR

Zoa, Déambulation libre jusqu’au 6 septembre. Toutes les infos sur le site de la ville, www.bourgenbresse.fr. Ateliers, défilés visite en famille avec des acrobates le 8 juillet à 15 h et 19 h 30, durée 45 minutes. Visites guidées les samedis 27 juin, 25 juillet, 22 août à 10 h. Durée 1h 30 départ du parvis de la gare. Prévoir de réserver l’entrée au monastère de Brou : https://www.monastere-de-brou.fr


  

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