“Je me sens entrepreneuse”, déclare Hélène Madar qui vient de succéder à Daniel Karyotis à la tête de la Banque Populaire Auvergne Rhône-Alpes. Fille du patron d’une entreprise de transport routier, elle s’est lancée dans des études pour devenir chercheuse en économie avant de préférer un engagement opérationnel.
Cet établissement bancaire emploie 3200 collaborateurs. “Une véritable ETI et surtout une banque d’ici. Avec notre modèle coopératif, l’épargne de notre territoire finance les entreprises du territoire”, souligne-t-elle.
30 jours après sa prise de fonction, elle a révélé ses priorités à la presse en saluant tout d’abord le bilan de son prédécesseur, Daniel Karyotis. “Une banque robuste et performante qui a gagné en efficacité avec une croissance durable. Nous sommes toujours la 1ère banque des entrepreneurs, la 2e banque des professionnels et nous nous développons dans le monde agricole avec l’ouverture de deux agences viticoles, l’une pour le Beaujolais, l’autre pour le Rhône septentrional.” La fondation créée par Daniel Karyotis en 2020, a aidé 430 projets cette année pour un budget de 4 millions d’euros. La Banque de la transition énergétique qu’il a également lancée, a inspiré d’autres banques régionales du groupe.
Hélène Madar fait sienne l’initiative des banques populaires en faveur de la préservation de la ressource en eau avec une opération nationale menée avec Avenir des Grands Fleuves mais aussi ses 20 classes sélectionnées sur l’ensemble du territoire afin d’adopter une rivière. Pour favoriser la sensibilisation à cet enjeu en proximité.
Parmi les priorités d’Hélène Madar : une impulsion technologique autour de l’innovation, avec, en corollaire, la formation des collaborateurs de la BPAURA pour accompagner ses clients dans l’intégration, “de manière souveraine”, de l’usage des DATA et de l’IA. Hélène Madar souhaite aussi que la BPAURA soit “un tiers de confiance” vis-à-vis des enjeux de cybersécurité,
Deux entreprises de la région ont récemment emporté les trophées nationaux NextInnov lancés par les banques populaires. Tolergyx dans le Puy de Dôme qui travaille pour améliorer la tolérance immunitaire des allergiques de manière durable et Treewater, dans la Drôme, qui propose un procédé d’électro-oxydation de l’eau pour éliminer les PFAS.
L’accompagnement des entreprises régionales impliquées dans l’industrie de la Défense figure aussi au rang de ses priorités. “Ce sont généralement des entreprises de petite taille réalisant 5 à 15 millions d’euros de chiffre d’affaires qui ne travaillent pas en totalité pour cette filière, mais à hauteur de 25-30% de leurs activités, avec des enjeux spécifiques”, résume Hélène Madar. Les accompagner passe aussi par la formation de “référent Défense” parmi les collaborateurs de la BPAURA. Les banques populaires ont déjà créé un fond bonifié avec la BEI à destination de ces entreprises, et un fond défense flèche l’épargne des clients de la BPAURA.
Hélène Madar est consciente que les banques vont devoir se mobiliser dans cette période tendue où certains secteurs souffrent comme l’immobilier, le transport, la distribution automobile et la chimie alors que d’autres comme la santé, la défense et l’aérospatial résistent mieux ou se développent. “Les délais de paiement s’allongent, les carnes de commandes baissent et les capitalisations sont souvent perfectibles. Certaines entreprises ne doivent pas hésiter à ouvrir leur capital à leurs salariés et à des actionnaires extérieurs amicaux”, diagnostique Hélène Madar.
La Foncière Immobilier & Territoire Rhône-Alpes lancée par Daniel Karyotis pour la BPAURA et François Codet a déjà investi sur plusieurs opérations. Un secteur immobilier où Hélène Madar ne voit pas d’amélioration à moyen terme. A ce niveau, elle souhaite que le BRS (Bail réel solidaire), qui permet de séparer le bâti du foncier au moment de l’investissement, soit élargi à d’autres catégories que celles à qui il est actuellement destiné, pour répondre à la crise du logement.
Concernant les JO 2030, dont les sites ont été présentés lundi dernier, la BPAURA compte bien jouer un rôle vu sa présence dans les territoires de montagne et Hélène Madar attend un rendez-vous “magnifique”.
Photo : @L.Favrot










