En publiant Lyon Demain aux éditions de l’Aube, Georges Képénékian veut appuyer sa campagne électorale sur son expérience et son parcours marqué par l’engagement, de la médecine à la politique et bien sûr la cause arménienne. Parmi ses premières propositions de campagne : Lyon Chrono, une plateforme pour aider les parents en horaires atypiques à trouver des solutions de garde. Par Alexis Cochet et Lionel Favrot
“Les partis ne jouent plus leur rôle”. C’est ainsi que Georges Képénékian justifie sa décision de se présenter aux élections municipales de mars 2026 sans s’affilier à un parti politique ni rejoindre un des favoris. Même s’il y a eu des contacts. Parmi les éléments repoussoirs, il évoque d’un côté une possible alliance entre Grégory Doucet, le maire écologiste de Lyon, et La France Insoumise, et de l’autre une proximité entre Jean-Michel Aulas et Les Républicains dans la liste Cœur Lyonnais. Georges Képénékian juge l’actuel maire trop centré sur les questions écologiques, tandis qu’il reproche à l’ancien président de l’OL de recourir à “l’effet d’affichage”. C’est ce qu’il a précisé lors d’une conférence de presse le 8 janvier dernier.
L’ancien maire de Lyon critique par exemple les annonces de Jean-Michel Aulas concernant la gratuité des transports pour une partie de la population ou le projet de construction d’un tunnel pour éviter les bouchons à Fourvière qu’il a présenté avec Véronique Sarselli, la candidate qu’il soutient pour la Métropole de Lyon. En ce qui concerne Nathalie Perrin-Gilbert, également candidate aux municipales, les nombreux échanges n’ont pas abouti à un projet commun. Les négociations ont été interrompues pour l’instant.
Le rôle de maire
Georges Képénékian développe sa conception du rôle de maire pour convaincre les électeurs. “Il faut redonner confiance aux citoyens en les écoutant”, défendant une posture d’écoute et de dialogue. Il a également insisté sur la nécessité de protéger les habitants face aux difficultés d’accès au logement et à l’alimentation. Il rappelle que “16 % de la population a moins de trois repas par jour”. Tout en soulignant l’importance de s’inscrire dans une logique de continuité et d’amélioration. “Aucun maire n’a déconstruit patiemment ce que son prédécesseur avait fait”.
Son équipe a profité de cet échange pour évoquer le projet Lyon Chrono, présenté comme “une plateforme d’accompagnement des familles en horaires atypiques ”. Ce dispositif, peu coûteux selon le candidat, vise à mettre en relation les parents avec des associations de garde d’enfants et des crèches. L’objectif affiché est d’éviter “de vider la ville des jeunes actifs” en leur apportant un soutien concret.
Georges Képénékian a été rejoint fin 2025 par Alexandre Chevalier adjoint du maire écologiste de Lyon en charge des aînés et qui était jusque là le représentant de Place Publique, le mouvement de Raphaël Glucksmann qui mené une liste d’union avec le PS lors des élections législatives de 2024. Ce soutien Georges Képénékian a valu à Alexandre Chevalier d’en être exclu. Dans le sondage Mag2Lyon-Verian publié en octobre dernier, une liste autonome de Place Publique conduite par Alexandre Chevalier et soutenue par Convention et le Parti radical de Gauche ne recueillait que 2% contre respectivement 5% et 6% pour celle de Georges Képénékian et Nathalie Perrin-Gilbert. Ce qui confirme la difficulté d’installer dans la campagne actuelle, avec une forte polarisation des deux principaux camps, une liste identifiée comme étant de centre-gauche. Egalement à ses côtés Abdenour Aïn-Seba un emblématique chef d’entreprise lyonnais qui était déjà son directeur de campagne pour les élections de 2020. A l’époque, Géorges Képénékian menait un combat parallèle à celui de David Kimelfeld qui présentait une liste pour les élections métropolitaines. Cette année, l’ancien président de la Métropole soutient l’écologiste Bruno Bernard.
Dans son nouvel ouvrage Lyon Demain, Georges Képénékian retrace son parcours. Dès la première phrase, il annonce la place de Lyon dans sa vie : “Je suis né à Lyon et Lyon m’a façonné.” Il explique également ce qui l’a conduit vers une carrière de chirurgien : “Il n’a pas été question pour moi d’être en quête d’un poste ou d’une promotion, mais bien de me mettre au service du plus grand nombre.” Un objectif qui constitue aussi le fondement de son engagement politique.
En 2008, il est sollicité par Gérard Collomb pour devenir adjoint à la culture et au patrimoine après avoir décliné une première proposition pour la campagne électorale de 2001 qui s’avérera victorieuse. Il l’a rencontré dans les années 1970, quand lui-même était engagé pour la reconnaissance du génocide arménien. Gérard Collomb fera voter en 2004 l’édification d’un mémorial en mémoire du génocide arménien place Antonin Paquet qui sera inauguré en 2006. Un homme que Georges Képénékian décrit comme “un visionnaire”. Il revient sur les projets menés sous ses mandats, “le réaménagement de la Duchère, [..] le projet Confluence ou encore la Part-Dieu”. Des projets qu’ils citent pour souligner sa volonté constante d’améliorer la ville, “en lui consacrant toute son énergie et sa passion pour parvenir à la transformer”.
Un livre de campagne
L’auteur évoque longuement les élections municipales de 2026. Il ne mâche pas ses mots à l’égard de Grégory Doucet : “le nouveau maire et le nouveau président de la Métropole ne semblaient pas tout à fait prêts, incapables qu’ils étaient alors de prendre la mesure de la tâche nouvelle qui leur incombait”. Il analyse également la popularité de Jean-Michel Aulas, estimant que “si certains dirigeants d’entreprises se fantasment un destin en politique, c’est aussi beaucoup à cause de l’incapacité des partis politiques à se renouveler”.
Enfin, dans les dernières pages, Georges Képénékian présente son programme et ses objectifs pour Lyon s’il est élu : “ lier l’efficacité environnementale au progrès social, en s’appuyant sur le développement économique”. Il met en avant son expérience pour défendre sa candidature : “je peux mieux que personne transmettre mon expérience, mes apprentissages“. Lyon demain s’apparente à un véritable CV politique, par lequel Georges Képénékian revendique son expérience et sa légitimité pour la mairie de Lyon.
Lyon demain, Georges Képénékian, Éditions de l’Aube, 2026, 13 €.
Photos: ci-dessus : @Stan Garabedian, ci-dessous : Alexis Cochet
Echantillon : 816 personnes inscrites sur les listes électorales. Représentativité assurée par la méthode des quotas, appliquée au sexe, à l’âge, à la profession de l’interviewé et l’arrondissement de résidence. Enquête réalisée en mix mode (en ligne et par téléphone). Gratification des personnes interrogées : non. Le terrain s’est déroulé du 17 septembre au 1eroctobre 2025.











