“Emmanuel Macron glisse vers la droite”

Le député lyonnais Hubert Julien-Laferrière vient de rejoindre Génération Écologie, le parti de Delphine Batho, tout comme le mathématicien lyonnais Cédric Villani. Il en est désormais le porte-parole national.

Ce ralliement à Génération Ecologie, c’est un coup de tête ?
Hubert Julien-Laferrière : Non, c’est une décision mûrement réfléchie. On peut me reprocher d’avoir changé de parti, d’être passé du PS à En Marche, puis de m’être éloigné d’Emmanuel Macron et de rejoindre aujourd’hui Génération Ecologie. Mais j’assume. C’est le fruit d’une réflexion entamée il y a plusieurs années.

Qu’est-ce qui vous a fait quitter LREM ?
Les renoncements du gouvernement et de sa majorité par rapport à la pro- messe initiale de 2017. Emmanuel Macron a oublié ses engagements sur la transition écologique, la préservation de la biodiversité et la lutte contre les inégalités sociales et territoriales. Ce qu’il nommait très bien comme les inégalités de destin. Il a aussi renoncé à ses engagements sur le renouvel- lement démocratique. Les décisions viennent toutes d’en haut alors que nos politiques publiques devraient se ressourcer et prendre corps dans les innovations de nos territoires. Et il glisse carrément vers la droite sur des sujets comme l’immigration, la sécu- rité, la laïcité…

En quoi ses positions sur la laïcité vous déplaisent-elles ?
C’est une question sensible et je reste ouvert au débat. En 2017, Emmanuel Macron était sur une laïcité ouverte comme le prône Jean-Louis Bianco. Aujourd’hui, Emmanuel Macron est plutôt tendance Manuel Valls.

Quand vous avez quitté LREM, vous démentiez être un frondeur souhaitant déstabiliser Macron!
Oui, on se voulait être un aiguillon de la majorité. Mais les renoncements se sont accélérés notamment sur les néo- nicotinoïdes. On a voté contre les pro- positions du gouvernement et on a été rejoint par des députés encore encartés à LREM.

Pourquoi rejoindre Génération Ecologie plutôt qu’Europe Ecologie Les Verts ?
Parce que pour moi, la lutte contre le réchauffement climatique et la pré- servation de la biodiversité doivent être les déterminants de toute décision publique ou privée. Mais de manière pragmatique. Je suis pour la sobriété alliée à l’innovation. Je ne suis pas un décroissant et il y en a chez EELV. Mon ralliement est aussi la suite d’une rencontre humaine, celle de Delphine Batho qui explique dans son livre qu’il faut accélérer la transition énergétique en comptant sur la science.

Vous avez fait un choix pour les élections régionales ?
Je ne me présente pas mais j’ai apporté mon soutien à Fabienne Grébert qui a été choisi par le Pôle Écologiste. C’est une bonne alternative à LaurentWauquiez.

On parle désormais de la candidature de Najat Vallaud-Belkacem pour le PS…
Ce que je souhaite, c’est qu’il y ait une concurrence au 1er tour entre PS et écologistes, ce qui déterminera qui peut prétendre à la présidence de la Région, mais que leur alliance au second tour soit clairement annoncée.

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