Le président écologiste sortant de la Métropole a choisi la piscine du Rhône pour son premier meeting de campagne en forme de voeux à ses listes de rassemblement de la gauche et des écologistes “Avançons Ensemble”. Une manière de se distinguer des listes autonomes de LFI.
Chaque meeting d’un candidat est soigneusement scénarisé pour passer quelques messages. Vendredi 30 janvier, Bruno Bernard a choisi de faire intervenir trois habitants de la Métropole plutôt que des personnalités en ouverture de ce premier rendez-vous pour expliquer pourquoi ils ont rejoint son comité de soutien. Sont intervenues ensuite la députée écologiste Marie-Charlotte Garin, réélue dès le 1er tour en 2025 qui s’est notamment distinguée à l’Assemblée Nationale par ses engagements féministes et Marie-Thérèse Geffroy, maire PS de Vaulx-en-Velin, elle-même en lutte contre LFI pour conserver sa mairie. Cette élue était là pour souligner que la politique qu’elle a menée avec Bruno Bernard n’a oublié aucun territoire de la Métropole. Marie-Thérèse Geffroy a tenu à rappeler que selon elle, les écologistes ont accepté de renforcer la vidéo-surveillance là où c’était nécessaire.

Bruno Bernard a ensuite lui-même pris la parole en se posant d’emblée comme le candidat du sérieux et de la modération, en cohérence avec sa réputation d’être plutôt un homme de dossiers qu’un tribun. “Je préfère les chiffres aux promesses impossibles, le sérieux à l’esbroufe, la sincérité et la franchise à l’hypocrisie et au pipeau”, a-t-il concédé d’emblée tout en lâchant quelques attaques bien ciblées contre ses adversaires.
Jean-Michel Aulas et Véronique Sarselli
accusés de vouloir « creuser des tunnels et les inégalités”
Tout d’abord en visant sans les nommer ceux qui “prétendent que la pollution a augmenté” et que la situation économique du Grand Lyon est en décadence. “La pollution a baissé et 50 000 emplois nets ont été créés sur ce mandat”, a-t-il répliqué. Plus offensif, il a opposé la politique “de la Droite de Laurent Wauquiez” concernant l’immigration et les sans-abris à celle de Najat Vallaud-Belkacem, l’ancienne ministre de François Hollande présente ce soir-là en soutien. Avant d’ironiser sur “ce candidat de la droite qui veut faire croire qu’il était responsable de l’UNEF au moment de mai 1968”. Une allusion à Jean-Michel Aulas. De plus en plus précis au fil de son discours, Bruno Bernard a directement visé “la droite de Véronique Sarselli et de Jean-Michel Aulas” qu’il accuse de vouloir “creuser des tunnels mais aussi les inégalités entre les habitants du Grand Lyon.”
Le projet révélé par ces deux candidats de supprimer la circulation de transit dans Fourvière en creusant un nouveau tunnel souterrain, est décidément bien un tournant dans cette campagne électorale tant il cristallise deux visions. Celle des listes Cœur Lyonnais et Grand Cœur Lyonnais de Jean-Michel Aulas et Véronique Sarselli qui veulent lancer de nouvelles grandes infrastructures comme ce tunnel ou le prolongement du métro, et celle des écologistes et leurs alliés qui veulent plutôt multiplier des investissements de moindre envergure mais aussi moins coûteux. Selon Bruno Bernard, les 3 à 4 milliards d’euros qui seraient mis dans le tunnel réduiraient les capacités d’investissement de la Métropole en faveur des transports en commun, de la rénovation des collèges et des passoires thermiques, de l’éducation et de la culture.
Attaque élargie ensuite aux 11 maires de la Métropole qu’il accuse d’avoir “permis” l’élection de la députée RN Tiffany Joncour par leur refus de donner des consignes de vote en faveur du front républicain entre les deux tours lors des élections législatives de 2024. “Mr Gascon, Mr Quignoux, Mme Fautra et tous les autres”, a-t-il lancé, “Le RN n’est pas un parti comme les autres. (…) Mr Ciotti a franchi la ligne rouge, Mr Wauquiez n’en est pas loin en proposant une primaire avec le parti d’Eric Zemmour condamné plusieurs fois pour ses propos pleins de haine”.
Très solennel, Bruno Bernard a lancé aux 700 personnes présentes : “Nous devons tenir. Notre Métropole restera un rempart, un espace de protection et de dignité”, avant de résumer ainsi son projet et de présenter ses têtes de listes. Projet qu’il a commencé à décliner par des conférences de presse thématiques sur le logement, les transports et la culture et qu’il estime répondre aux besoins essentiels des habitants du Grand Lyon: “Pouvoir se loger, se déplacer facilement, vivre en sécurité dans un cadre agréable et respirable et pouvoir compter les uns sur les autres.”












