Villa Florentine 100 % des tables avec vue

Le restaurant de la Villa Florentine, Les Terrasses de Lyon, offre désormais un panorama exceptionnel à tous les clients, grâce à la nouvelle verrière. Les chambres de l’hôtel 5 étoiles ont également été rénovées. Eric Giorgi, PDG du groupe hôtelier Arteloge, revient sur les conséquences du Covid et sur sa stratégie. Interview. Par Clotilde Brunet

Pouvez-vous présenter votre groupe hôtelier ?

Eric Giorgi : Arteloge s’est lancé en 1978, d’abord sous le nom de Groupe Métropole. Il possède des hôtels à Lyon : la Villa Florentine, Lyon Métropole, Lyon Ouest et le ParkSaône, le ParKest et l’Hôtel des Congrès à Villeurbanne, des restaurants dans tous les hôtels et une société de nettoyage qui s’appelle JLM services.

L’hôtellerie-restauration a été un des premiers secteurs frappés par la crise du Covid. Quel a été l’impact sur votre activité ?

À l’échelle du groupe Arteloge ont a dû fermer nos hôtels et restaurants. Notre équipe s’est retrouvée en activité partielle. On a rouvert, quand l’Etat l’a permis, début juin. On s’attend à perdre entre 15 et 17 millions d’euros de chiffre d’affaires sur les 40 millions d’euros que l’on réalise habituellement. On avait des projets de développement qui sont remis à plus tard.

Comment l’activité a-t-elle redémarré ?

L’été s’annonce très bon à la Villa Florentine ! On a eu un taux d’occupation de 68 %, en juin. Il est vrai qu’on travaille sur des tarifs étudiés. On a réalisé 40 % au Lyon Métropole, situé en bord de Saône mais on attend une bonne saison en juillet-août grâce à l’espace aquatique. En revanche, les 3 étoiles sont plutôt calmes, on attend entre 30 et 45 % cet été. Ensuite, tout dépend de comment la partie business et séminaires va reprendre. Il y a d’autres grands événements comme la fête des Lumières et le Sirah en janvier qui vont nous donner la tendance 2021.

Certains de vos confrères ont fait le choix de rester fermé…

Moi, je préfère être au milieu de nos équipes. Pour redresser la barre, il faut que les 300 salariés d’Arteloge soient mobilisés, du plus bas au plus haut de l’échelle. Le plus important pour nous, c’est l’humain. De plus, un hôtel doit être nettoyé tous les jours. C’est compliqué de remettre la machine en route après une fermeture.

Craignez-vous que les touristes étrangers mettent du temps avant de revenir ?

Non, je ne pense qu’à partir du moment où la la situation sanitaire mondiale sera acceptable, ils voyageront à nouveau. En revanche, le vrai changement risque de venir des compagnies aériennes, si un billet qui coûtait 300 euros double, on ne consommera plus le voyage de la même manière. Il faudra peut-être se tourner vers la clientèle européenne, qui peut se déplacer en voiture, en train, voire en bateau.

Quelles sont les nationalités les plus représentées ?

Nous accueillons beaucoup de clients Américains et d’Européens à la Villa Florentine. La clientèle américaine nous manquera et j’espère qu’elle reviendra. Il ne faut pas attendre les voyageurs asiatiques avant 2022. Heureusement qu’on peut s’appuyer sur la clientèle Relais et Châteaux et des années d’existence.

En quoi consistent les travaux réalisés à la Villa Florentine ?

On a agrandi la verrière du bâtiment qui existait depuis l’ouverture en 1993. On avait la terrasse qui n’était utilisée que quelques mois par an, des clients qui étaient toujours un peu déçus quand ils étaient assis dans la salle historique de cet ancien couvent du XVIIe siècle. Ils voulaient toujours la vue. On a pris la décision d’agrandir la terrasse, de la couvrir avec une verrière qui a la particularité de s’assombrir afin que l’éblouissement et la chaleur soient contenus. Ce verres sont fabriqués par Saint-Gobain aux États-Unis. La verrière peut aussi s’ouvrir complètement pour un effet dedans-dehors. La Villa Florentine, ce sont désormais 50 couverts, tous avec vue.

D’autres nouveautés ?

Oui, on a refait les 29 chambres et suites de la Villa Florentine. On n’avait pas refait la décoration depuis les années 2000, même si l’on avait effectué des travaux d’entretien. Nous avons gardé le même esprit, tout en ajoutant des matériaux plus modernes.

Et dans les autres établissements ?

On est en train de rénover complètement l’Hôtel des Congrès, à Villeurbanne. Il ouvrira à nouveau fin août. Enfin, dernier projet : agrandir le spa de l’hôtel Métropole qui fera désormais 2500 m2.

Arteloge est un groupe familal, quelle vision en avez-vous ?

Je suis rentré dans le groupe, il y a plus de 30 ans, après l’école hôtelière. La vision du groupe a été simple : du joli produit ! Et c’est le cas partout, que ce soit dans les 3 étoiles, 4 étoiles ou 5 étoiles. On essaie d’être le plus élégant possible dans la construction et la décoration. C’est aussi une histoire d’hommes et de femmes, certains salariés nous sont fidèles depuis très longtemps. C’est comme cela qu’on arrive à offrir le maximum de services aux clients.

Quelle a été la stratégie pour vos deux derniers hôtels, ParKest (2015) et ParkSaône (2017) ?

Concernant ParKest, on a voulu s’implanter dans l’est lyonnais, à Genas, car c’est une zone qui fonctionne très bien. Grâce à Eurexpo, au Groupama Stadium, à l’autoroute et surtout aux entreprises. C’est une des plus grandes zones industrielles de France, elle draine énormément de monde. D’autre part, on était déjà implanté à Vaise avec l’hôtel Lyon Ouest. On a eu vent de la mise en vente de ce terrain dont une partie était destinée à l’hôtellerie. La société Unitex a accepté notre projet et nous a cédé le terrain de 500 m2. Ce projet mélangeait donc bureau et hôtellerie. Un 3 étoiles de 100 chambres.

Vous avez préféré privilégier un développement à Lyon ?

Oui, on connait mieux le marché et on a un modèle économique qui fonctionne à Lyon, on parvient à financer la construction au fil des années avec des fonds propres et de l’emprunt. De plus, ça nous apporte plus de facilité de gestion, il est très difficile de gérer à distance, à la fois un produit et un discours vis-à-vis de l’équipe.

Vous avez la particularité d’être indépendants. Qu’est-ce que cela implique ?

Oui, nous sommes autonomes à 100 %. Mis à part Relais et Châteaux, nous n’avons pas d’insigne qui vient nous apporter un appui commercial. Pourquoi ce choix ? Ce n’est jamais évident pour un hôtelier de signer un contrat avec une grande marque qui dure souvent 20 ans. En revanche, cela apporte la force de la marque dans la négociation avec Booking par exemple. En tant qu’indépendants, on paie 17 % de commissions chez Booking, contre 11 ou 12 % pour un hôtelier affilié. Notre indépendance a un coût. Je reconnais aussi que Booking nous apporte de nouveaux clients et une visibilité.

Vous aviez lancé un site internet sur le thème de la vue. Où en est ce projet ?

Ça n’a pas été une réussite totale ! Mais on a rebondi en rachetant une agence de voyage et en développant le site Millevista qui connaît une croissance beaucoup plus forte. Nous ciblons surtout une clientèle sur du court séjour, en France. Nous proposons également un programme de fidélisation, les clients individuels et corporate qui passent par notre site se voient proposer de récupérer des points qu’ils peuvent dépenser comme ils veulent dans l’agence.

Villa Florentine, 25 montée Saint-Barthélémy, Lyon 5. Tél. 04 72 56 56 56

Menu en 3 services (déjeuner uniquement) : 49 euros, menu maraîcher 77 euros, menu en 4 services : 89 euros, menu en 5 services 105 euros, menu en 6 services 120 euros.

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