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Sur la piste des Sioux, une expo loin des clichés

Exposition Sur la piste des Sioux au musée des Confluences ©musée des Confluences – Bertrand Stofleth

Le Musée des Confluences propose une réflexion sur les représentations des Indiens d’Amérique, du “sauvage” animé par des instincts primaires au sage qui entretiendrait des liens privilégiés avec la nature. Ce parcours de visite est mis en valeur par une scénographie éblouissante. Dernière chance de voir cette expo cette semaine, jusqu’à dimanche 28 août. Par Clotilde Brunet 

À l’entrée de l’exposition, un tipi où s’animent des silhouettes d’Indiens en ombre chinoise. Juste à côté deux bisons naturalisés. On est d’emblée plongé dans cet imaginaire. Tipi, plume, bison, calumet de la paix, flèche…, sont parmi les mots les plus cités par les Français pour décrire les cultures des populations natives d’Amérique du Nord… C’est ce que nous apprend l’introduction de l’expo Sur la piste des Sioux. Ce parcours explore la manière dont cette image stéréotypée des Indiens d’Amérique a été modelée via les spectacles de folklore, la publicité ou le cinéma… Dans l’imaginaire collectif européen, les Indiens d’Amérique ont fini par se résumer aux Indiens des Plaines, particulièrement aux Sioux. En réalité, au XVIe siècle, la population en Amérique du Nord aurait compté plusieurs millions d’individus, répartis dans des centaines de nations indépendantes. La diversité culturelle de ces peuples est extrêmement grande et près de mille langues sont alors parlées. Tout au long de l’exposition, des cartes montrent la baisse drastique des territoires habités par les Indiens. 

BUFFALO BILL
Ensuite une grande salle, où le sol semble être du sable, est consacrée au Buffalo Bill’s Wild West. Ce spectacle diffusé en Amérique puis en Europe entre 1883 et 1912 forge le mythe du Far West auprès de millions de spectateurs. Buffalo Bill diffuse une représentation guerrière, haute en couleur, s’accordant au récitd’uneconquêteterritorialecivilisatricefaceàlasauvagerie indigène. On découvre une logistique démesurée: des bateaux et des trains sont affrétés pour transporter la troupe, le matériel et même des centaines de bisons et de chevaux !

De plus l’exposition met en scène la collection remarquable d’objets lakotas du collectionneur belge François Chladiuk. Ces pièces sont déjà transformées par l’art du spectacle mais elles restent des témoins de la culture lakota. On observe avec admiration la minutie des savoir-faire manuels, notamment le tissage des perles. En 2004, un antiquaire contacte François Chladiuk pour lui présenter huit malles en métal remplies d’objets indiens. “J’ai trouvé dans une des malles un agenda daté de 1956. Quelques noms indiens s’y trouvaient notés. Le propriétaire de cet agenda, un certain Auguste Hermans, était le premier acquéreur des objets achetés en 1935 lors de l’Exposition universelle et internationale de Bruxelles à un groupe de quinze Indiens”, explique le collectionneur. Il a publié des petites annonces pour trouver des photos de cette Exposition et faire un lien entre les objets. En 2006, il s’est rendu aux États-Unis pour rechercher les Indiens identifiés sur les photos. Il a retrouvé la trace des Littlemoon dans le Dakota du Sud et il a pu leur remettre une photographie de leur famille alors que la plupart de leurs souvenirs de cette époque avaient disparu dans un incendie. 

Exposition Sur la piste des Sioux au musée des Confluences
©musée des Confluences – Bertrand Stofleth

WESTERN
L’exposition se poursuit en traitant de la publicité. Une affiche représentant un Indien rouge comme une tomate, aux dents acérées, est titrée “Ce Michelin est indéchirable”! Cette conception des “guerriers sauvages” a également gagné les foyers français à travers le cinéma hollywoodien dans les années 1930. Raoul Walsh et John Ford inventent le western et transposent les clichés déjà diffusés par Buffalo Bill sur grand écran. Ces récits ont pour seul but de faire valoir l’héroïsme pionnier. Cinq cents ans après l’arrivée des premiers colons, la question de la survie culturelle et du contrôle de la terre demeure un enjeu important. Une exposition à voir en famille: différents niveaux de lecture sont possibles. La fabuleuse scénographie saura capter l’attention de tous. 

Musée des Confuences, 86 quai Perrache, 69002 Lyon. Jusqu’au 28août 2022. Tarifs de 0€ à 9€ – billet valable à la journée pour l’ensemble des expositions. 

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