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SMASH Le concurrent lyonnais de WeTransfer

Lancé en 2017 par deux frères et leur père, Smash est un service de transfert de fichiers qui propose une version gratuite et une version professionnelle. La start-up a réussi à se faire une place face au géant américain. Interview de Romaric Gouedard-Comte, un des cofondateurs.

Quel a été votre parcours avant la création de Smash?
Romaric Gouedard-Comte: J’ai fait mes études dans l’univers du digital à la fin des années 1990 et j’ai travaillé une dizaine d’années au sein du groupe de communication, Havas avant de me lancer dans l’entrepreneuriat.

Comment l’idée de Smash vous est-elle venue?
À travers cette expérience au sein de Havas, on était amené à échanger des fichiers très volumineux avec tout l’écosystème de l’agence, les clients, les prestataires, les free-lance… On utilisait principalement WeTransfer. Ce qui m’avait marqué à l’époque, c’est que d’une part la direction ne voulait pas qu’on ait recours à ces services gratuits de transfert de fichiers car le respect de la confidentialité des don- nées n’était pas garanti. La direction IT (technologie de l’information) n’avait pas de visibilité sur les flux d’envoi et de réception des collaborateurs. D’autre part, les services mis en place en interne étaient des usines à gaz, très complexes à utiliser. Or la transforma- tion digitale en cours conduit les collaborateurs à envoyer de plus en plus de fichiers volumineux.

Vous aviez décelé d’autres problèmes?
Oui, les services du type WeTransfer ont des business models publicitaires, ce qui pose problème aux grands groupes et aux directions de la com- munication. Quand un collaborateur d’Orange fait un transfert de fichiers volumineux via WeTransfer, il se peut que le destinataire ait une publicité SFR sous les yeux pendant le temps de téléchargement… L’image de marque n’est plus contrôlée. À partir de ces constats, je me suis dit qu’il y avait un nouveau service à créer qui soit simple d’usage pour les collaborateurs, qui permette aux directions IT d’avoir un contrôle des flux et aux directions de la communication un contrôle de l’image renvoyée.

Smash, c’est une aventure familiale ?
Tout à fait, le projet a été cofondé avec notre père et l’un de mes frères. Notre père a eu un cabinet de conseil en stra- tégie de l’innovation pendant plus de 30 ans pour de grands groupes et de grandes organisations publiques. Durant les cinq dernières années, il a accompa- gné une cinquantaine de start-up, c’était logique qu’il intègre le projet. Rémi, mon frère, a fait une école de commerce et il avait une première expérience dans le commerce digital. Aujourd’hui, on est une dizaine de personnes.

Ça ne vous a pas fait peur de vous lancer sur ce marché alors que WeTransfer est entré dans le langage commun comme le “Frigo”?
Non, ce n’était pas une crainte car on n’a pas le même positionnement que WeTransfer, on a développé le marché entreprises. 80 % des revenus de WeTransfer proviennent de la publicité qui est diffusée pendant les temps de chargement et de téléchargement.

Qu’est-ce que vous garantissez aux entreprises par rapport à WeTransfer ?
Une offre adaptée qui intègre de nombreuses fonctionnalités afin de maîtriser la sécurité et la confidentialité des données. Avec Smash, ces groupes ont un droit de regard sur les données envoyées ou reçues par les collaborateurs. Et les transferts de fichiers peuvent également servir de canal de communication : tous les transferts sont personnalisés aux couleurs de l’entreprise qui peut aussi diffuser des campagnes d’auto-promo avec des contenus photos, vidéos, des liens de redirection vers un site internet, les réseaux sociaux…

Combien d’utilisateurs comptez-vous ?
On a atteint 1,2 million d’utilisateurs uniques en novembre. C’est un nombre qui croît de jour en jour… On a créé la première offre gratuite sans limite de poids! Cela permet de se faire connaître et d’être utilisé par les collaborateurs, c’est une manière de pénétrer le marché des entreprises. Quand il y a certain nombre d’utili- sateurs au sein d’une entreprise, on s’en aperçoit et on remonte à la direction pour proposer une offre profes- sionnelle. Les services IT savent que l’outil est déjà adopté en interne donc ils paieront pour un service utile. En somme, on est en concurrence frontale avec WeTransfer sur l’offre gratuite mais pas sur les segments TPE, PME et grandes organisations privées et publiques.

Vous vous financez grâce à ces offres professionnelles ?
Oui, l’offre gratuite nous coûte de l’argent mais c’est de l’avant vente. Ensuite, notre objectif est de transformer ces utilisateurs du service gratuit en utilisateurs du service payant à travers des offres pour les indépendants, les PME, les grandes organisations. Smash propose différentes fonctionnalités suivant la taille de l’entreprise ou de l’organisation… On travaille avec les villes de Paris et de Marseille, la métropole de Nantes, CCI Lyon Métropole Saint-Étienne Roanne. Le service est disponible dans six langues, on est utilisé jour et nuit dans le monde entier.

Vous faites partie des entreprises auxquelles le Covid a bénéficié ?
Oui, dès le lendemain du premier jour de confinement, on a constaté une explosion des usages. Et ce n’est pas un pic éphémère, ça perdure. L’État a rapidement mis en place des boîtes à outils à destination des entreprises pour qu’elles puissent s’adapter au télétravail. On a très souvent été mis en avant en tant que start-up française.

Au-delà du patriotisme économique, qu’est-ce que ça change pour les utilisateurs que vous soyez français ?
La différence, c’est que nous stockons les données au plus près des utilisateurs ce qui permet des performances optimales. Si les serveurs se trouvent en France plutôt qu’aux États-Unis, le gain de temps est monumental ! En revanche, notre infrastructure de sécurité est la même partout dans le monde, qu’on utilise Smash en France ou à l’étranger.

Vous mettez en avant vos performances environnementales. En quoi Smash est-il un service écolo ?
Fin juin, on a fait une étude pour connaître notre bilan carbone avec l’agence Utopie qui est spécialisée sur toutes ces problématiques d’impact sociétal et environnemental. Il en est ressorti qu’envoyer un fichier de 25 mégas à dix personnes via Smash plutôt qu’en pièce jointe d’un mail permet de réduire son empreinte carbone de 90 % ! La principale raison? Les collaborateurs ne suppriment jamais les pièces jointes de leur boîte mails! En envoyant un fichier à dix personnes par mail, il y va être envoyé dix fois et stocké sur dix boîtes mails différentes. Avec Smash, il y a un seul et unique lien et ces dix personnes viennent chercher le fichier au même endroit. En 2021, on voudrait développer un plugging destiné à Out- look, l’icône Smash figurerait juste à côté du trombone qui permet d’ajouter des pièces jointes. Toujours dans l’idée de faciliter l’usage.

Qu’est-ce que ça vous a apporté d’être installés à H7 ?
Toutes les entreprises installées à H7 ont un projet déjà commercialisé et on rencontre des problématiques assez proches. Ça nous permet d’échanger sur la partie technologie mais aussi ressources humaines… L’équipe de H7 nous accompagne sur de nombreuses problématiques et nous met en relation avec les bons interlocuteurs. C’est aussi le lieu totem de la French Tech à Lyon, ce qui nous donne une belle visibilité.

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