Rebooteille : 
“Récréer une filière complète”

Nils Svahnström, Etienne Perrin-Gouron et Stéphane Robert de Rebooteille comptent multiplier par dix le nombre de bouteilles collectées et lavées d’ici 2023.

Rebooteille fait partie des structures récompensées lors de la 12e édition des trophées Mag2Lyon de l’Économie Sociale et Solidaire Rhône-Alpes.

TROPHÉE MOBILISATION TERRITORIALE

Plus question de jeter ses bouteilles vides dans les silos à verre avec Rebooteille qui milite pour un retour en force des bouteilles consignées. Lancé sous forme associative en décembre 2018, ce projet a été accompagné par Alter’incub et a pris la forme d’une société coopérative d’intérêt collective (Scic) en juillet 2021. Parmi ses quinze sociétaires, on trouve deux collectivités locales le Grand Lyon et Saint-Etienne Métropole. Des soutiens de poids. Le principe est simple mais la logistique complexe. Le consommateur s’acquitte d’une consigne de 50 centimes à l’achat de la bouteille qu’il récupère quand il la ramène vide. Rebooteille doit ensuite récupérer et laver chaque bouteille pour la revendre, permettant ainsi son réemploi plutôt que d’en produire une nouvelle.

Une soixantaine de magasins essentiellement à Lyon, mais aussi dans l’Ain ou la Loire, ont rejoint le dispositif. Parmi eux, le réseau lyonnais GRAP qui regroupe à lui seul plus d’une dizaine d’épiceries. Avantage: GRAP centralise ces bouteilles vides à la Super Halle d’Oullins, ce qui ne représente qu’un point de collecte pour Rebooteille. Stockées à Rillieux-la-Pape, au nord de Lyon, puis lavées à Valence par Ma bouteille s’appelle reviens, elles sont ensuite livrées à une trentaine de producteurs partenaires en étant filmées sur des palettes, comme des bouteilles neuves. À des prix compétitifs. “Pour la bière par exemple, on s’aligne sur les prix consentis aux géants brassicoles par les fabricants de bouteilles neuves. Nos tarifs sont donc avantageux pour ceux qui ont une petite production car ils payent plus cher”, précise Nils Svahnström, cofondateur du projet et cogérant de la Scic.

L’objectif de Rebooteille est ambitieux: recréer en région lyonnaise une filière complète, de la collecte de bouteilles vides à leur reconditionnement en passant par le lavage. “Aujourd’hui on collecte nous-même les bouteilles et on externalise le lavage, demain l’idée serait de faire l’inverse”, précise Nils Svahnström, cofondateur du projet et cogérant de la Scic. Pour créer son propre centre de lavage d’ici deux ans, une levée de fonds sera organisée courant 2022. 

D’ici fin 2021, Rebooteille aura collecté et lavé près de 50000 bouteilles. L’objectif sera l’année prochaine de 200000 bouteilles collectées et lavées puis de 500000 bouteilles en 2023. “On travaille pour l’instant avec des convaincus, reconnaît Nils Svahnström, mais dans les perspectives de développement du projet et dans l’objectif de généralisation de la consigne, nous devrons bientôt aller vers des enseignes de distribution nationale ou des grands groupes brassicoles.” Pour pouvoir mener à bien les négociations, le cofondateur de Rebooteille avance l’idée d’une structure nationale, qui ne se substituerait pas aux acteurs locaux, mais pourrait être un interlocuteur unique les représentant. 

Cet article est extrait du hors-série spécial Economie Sociale et Solidaire édité par Mag2 Lyon fin 2021. À acheter par ici !

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