Les ressourceries : Un modèle à suivre

En une vingtaine d’années, les ressourceries se sont multipliées en Auvergne-Rhône-Alpes. Le réseau régional, un des plus développés de France, assure le recyclage ou le réemploi d’objets et de matériaux. Par Joris Bolomey

Les ressourceries sont devenues des acteurs incontournables dans la réduction des déchets en une vingtaine d’années. Ces structures de l’économie sociale et solidaire doivent respecter quatre missions: la collecte des déchets, la valorisation de matériaux et d’objets, la revente dans une boutique de réemploi et la sensibilisation à l’environnement. Ce cahier des charges a été fixé par le réseau national des ressourceries. Ce label les distingue des recycle- ries, qui optent souvent pour des collectes spécialisées.

Dans la région, ce mouvement a été lancé au début des années 2000. Parmi les pionnières : Crysalide, ouverte en 2003 à Saint-Etienne. “Avec les associations qui venaient de se créer à Grenoble et à Arbent, on a commencé à développer des programmes de sensibilisation et à mettre en place des collectes”, se souvient Mylène Cailleu, sa cofondatrice, aujourd’hui vice-présidente du réseau national des ressourceries. Les premières associations se créent autour de collectifs de citoyens. “La démarche était archaïque à l’époque, explique Suzanne Civier, présidente du même réseau, on collectait des pro- duits, mais il n’y avait alors pas d’exutoire et tout ce qui ne pouvait être vendu était incinéré ou enfoui en déchèterie.” Un réseau informel se met progressivement en place au niveau local pour conseiller et accompagner des porteurs de projets. Les premières ressourceries, dont Crysalide, rejoignent le réseau national en 2009. La législation évolue, encourageant au retraitement des déchets. Dans le même temps, les mentalités évoluent. “Au début, beaucoup de personnes pensaient que les ressourceries étaient réservées à ceux qui n’avaient pas les moyens d’acheter du neuf, précise Suzanne Civier. Mais depuis une dizaine d’années, on reçoit tous types de populations. De nombreuses personnes ont pris conscience que pour réduire les déchets, il fallait arrêter de consommer des produits neufs.” Le réseau régional des ressourceries voit officiellement le jour en Rhône-Alpes en 2012 autour de six structures et il se développe rapidement. “Il y a eu un effet boule de neige”, se réjouit Mylène Cailleu. Désormais, le réseau en Auvergne-Rhône-Alpes regroupe 26 ressourceries. Et l’objectif est de doubler le nombre d’adhérents au niveau régional d’ici cinq ans au plus tard. Pour mener cette mission, la Région Auvergne-Rhône-Alpes finance intégralement pendant un an un poste de coordinateur, chargé de recenser l’ensemble des structures, associations ou entreprises, qui pourraient rejoindre le label régional. Il en a déjà identifié une cinquantaine. Son rôle est aussi d’animer une réflexion collective entre les ressourceries face aux problématiques qu’elles rencontrent, comme la vente en ligne par exemple. C’est désormais à lui que revient également la charge d’accompagner les porteurs de projets, qu’il s’agisse d’initiatives individuelles ou émanant de collectivités. Il doit enfin faire le lien entre le réseau régional et les structures extérieures, comme le réseau national, l’Ademe, les éco-organismes ou encore les collectivités. “La présence des acteurs publics est indispensable”, insiste Loïs Aoun, qui occupe ce poste de coordinateur régional des ressourceries et qui relève encore des résistances par endroits. Le plan de gestion régionale des déchets fait pourtant du réemploi la première solution de gestion des déchets.

Pour le réseau régional des ressourceries, l’enjeu est également de pérenniser le poste de coordinateur. La Région s’est engagée à soutenir cette démarche, même si ce n’est pas via un financement total. “Charge à nous de développer des actions pour arriver à une part d’autofinancement pour les années à venir, explique Suzanne Civier. En mettant en place des formations spécifiques au réemploi par exemple. Nous allons organiser dans ce sens des séminaires avec tous les acteurs de la filière en 2021 pour voir quels moyens on peut mutualiser.”

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