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Le Printemps des hirondelles

Cette marque de vêtements d’Annecy propose une collection à partir de chutes de fabricants Made in France. Une gamme qui se veut intemporelle pour durer, loin du renouvellement permanent des collections et du gaspillage. Par Lionel Favrot

Les trois créatrices, Claire Chiquet, Claire Alvernhe et Clarisse Cazenave, sont arrivées à la fin des années 2000 à Annecy. Elles se sont rencontrées car elles travaillaient toutes pour le même modéliste mais elles n’étaient pas satisfaites par le fonctionnement du monde de la mode. En particulier de la fast fashion qui génère énormément de déchets. Les Hirondelles se concentrent sur les chutes de fabrication dont les entreprises textiles ne savent pas quoi faire. Une démarche bien accueillie. “On a ressenti énormément de bienveillance chez les fabricants qui cherchent aussi à réduire l’impact environnemental de la mode et à travailler en local”, résume Claire Alvernhe. Les motifs de mise au rebut pour un fabricant peuvent être multiples. Par exemple une erreur de teinte. Les Hirondelles uti- lisent alors l’autre face. Ce réemploi direct a moins d’impact carbone que le recyclage qui implique une nouvelle démarche industrielle et beaucoup plus de transport. Grâce une subvention de l’ADEME, le bu- reau d’études La Belle Empreinte a démontré qu’un t-shirt “Mme Mésange” des Hirondelles génère 85 % d’impact carbone en moins et consomme 85 % moins d’eau, qu’un t-shirt conventionnel.
La collection s’étoffe peu à peu avec des lignes intemporelles pour se détacher du prêt-à-jeter. Chemise et t-shirt pour hommes, chemisiers, robe, t-shirt, top manches longues et jupes en jean pour femmes… “On veut que les gens se sentent bien dans nos produits et qu’ils ne s’en lassent pas au bout de trois mois. Sauf quelques imprimés occasionnels, et on privilégie du classique avec des bordeaux, des kakis, des ocres…”, détaille Claire Alvernhe.
Pour se développer, il faut bien sûr une prise de conscience des consommateurs de l’impact de la mode sur la planète. “Le greenwashing des grandes marques fait perdre beaucoup de temps à la mode éthique”, regrette Claire Alvernhe. Les Hirondelles ont co-créé LaRonde collectif, qui rassemble une soixantaine de structures, tous métiers confondus, sur le site des Forges du Cran, une ancienne usine d’aluminium. Un restaurant, Armony Saveur, a également ouvert. “On se retrouve autour d’une démarche écoresponsable. C’est aussi une alternative aux loyers élevés d’Annecy”, résume Claire Alvernhe qui attend de ce regroupement des mutualisations et de l’entraide. Les Hirondelles vont profiter de ce lieu pour organiser un évènement cet été autour du réemploi avec WeDressFair, un magasin lyonnais spécialisé dans la mode éthique. Trois créateurs emblématiques du Made in France seront invités: Thomas Huriez qui a fondé en 2013, à Romans-sur- Isère, la marque de jeans 1083, Christelle Merter la créatrice de Gentle Factory à Lille, également en 2013, et Splice Paris. Ce dernier travaille à partir de lin cultivé et teillé en Normandie. Le tricotage et le façonnage sont également assurés en France. En revanche, la filature se fait à l’étranger car la dernière filature de lin française a fermé ses portes en 2005. Même si la France reste le premier producteur mondial de lin, une culture écologique car beaucoup moins consommatrice d’eau que le coton, cette fibre est envoyée pour filature en Espagne, Pologne ou Chine. Du coup, 1083, Splice Paris et le Slip Français ont lancé en 2018, avec la coopérative Terre de Lin, l’initiative “linpossible” pour relocaliser cette activité en France. Seuls quelques tisseurs en maîtrisent encore le savoir-faire.

Article publié dans le hors-série Economie Sociale et Solidaire de de Mag2Lyon, disponible à la commande sur ce site.

 

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