Grégory Doucet réplique à l’écolo-bashing

Lyon (69) Grégory Doucet, Maire de Lyon dans son bureau de l'Hôtel de ville.

Selon leurs détracteurs, les écologistes qui ont gagné la mairie de Lyon en juin 2020, seraient des élus inexpérimentés incapables de s’attaquer aux problèmes les plus sensibles. Le maire de Lyon, Grégory Doucet, estime au contraire avoir apporté ses qualités de manager acquises au cours de son expérience dans l’humanitaire pour lancer le programme de son mandat beaucoup plus vite que son prédécesseur Gérard Collomb. Et cela malgré la crise. Propos recueillis par Lionel Favrot

Comment s’est passée votre arrivée à la mairie de Lyon?
Grégory Doucet : Ma priorité a été d’installer notre équipe pour être très rapidement opérationnel. C’était fonda- mental. On a été très rapide dans notre installation. Avec Cécile de Laurens, adjointe à la Santé et à la prévention, et tout l’exécutif, on s’est très vite mobilisés pour gérer les conséquences de la crise du Covid-19.

N’avez-vous pas été intimidé par les lieux car vous n’aviez jamais fréquenté la mairie comme élu d’opposition ?
On est dans les ors de la République. Le bureau du maire de Lyon est solennel mais je ne me suis pas laissé impressionner par le lieu. Je suis arrivé avec la volonté d’être tout de suite dans le Faire. La question a donc été de savoir com- ment organiser les espaces pour bien travailler. Un bureau de cette magnificence-là, ce n’est pas le plus simple à aménager.

Quand un nouveau maire ou un nouveau ministre arrive dans son bureau, il le personnalise. Cela ne semble pas être votre cas?*
Je n’ai effectivement pas passé une heure avec un décorateur ! J’ai simple- ment demandé quelques équipements. Exemple : c’était indispensable pour moi d’avoir accès personnellement à un ordinateur. J’ai aussi demandé un tableau effaçable pour prendre des notes lors des réunions. On a aussi aménagé une salle pour tenir les conseils municipaux en visioconférence qui sert aussi à la gestion de crise. Le temps viendra où je change- rai peut-être quelques tableaux dans mon bureau.

La greffe a-t-elle bien pris avec les services administratifs?
Oui, cela a été d’une très grande fluidité. À Lyon, on a des fonctionnaires engagés qui ont un grand sens du service public et qui ont la volonté de bien faire. On l’a vu dans la gestion de la crise du Covid-19 que ce soit dans les écoles, sur les marchés ou lors de la mise en place d’un des plus grands centres de dépistage en France. J’ai la chance de pouvoir m’appuyer sur des services que je trouve agiles et réactifs. Ils avaient aussi préparé un certain nombre de dossiers qui m’ont permis de me plonger tout de suite dans les urgences.

Vous n’avez pas ressenti de résistance technocratique face à vos idées écologistes ?
Non. Je crois qu’on est dans l’air du temps. Si on a gagné les élections à Lyon, il n’y a pas de raisons qu’on rencontre plus de résistance dans les services de la Ville. Et puis on a mis en place des modalités de fonctionnement. Je réunis toutes les semaines l’exécutif avec l’ensemble des neuf maires d’arrondissement de manière à faire circuler les informations et à débattre de certains sujets. Il y a du “remontant” et du “descendant”. Ces temps de rencontre entre élus sont très importants. On échange aussi avec l’administration. Je n’ai pas vu bien sûr tous les agents mais j’ai fait le tour des services de la Ville de Lyon.

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Et avec l’opposition municipale, ce n’est pas trop dur ?
On le voit bien lors des conseils municipaux. L’opposition joue son rôle d’op- position…

N’avez-vous pas l’impression d’être plus maltraité que des élus de gauche ou de droite qui débutent dans leur fonction de maire?
Bien sûr, l’écolo-bashing que nous avons constaté dès notre victoire le 29 juin, à Lyon mais aussi dans d’autres villes comme Bordeaux ou Marseille, continue.

Ce procès en incompétence qui perdure, vous ne finissez pas par en avoir assez ?
Il suffit de refaire le film des événements pour répliquer: on est élu le 4 juillet et mi-août, on sait déjà qu’il faut partir dans la préparation d’une deuxième vague. On a alors mis en place une réponse bien avant d’autres communes. On a par exemple été une des premières villes à mettre en place un fonds d’urgence pour la culture. Et en parallèle, on a quand même lancé nos projets pour le mandat !

Du coup, vous dites l’écolo-bashing : ça suffit ?
J’ai été élu parce que les électeurs ont pris conscience de la crise écologique. 2020 a été une des années les plus chaudes qu’on a connues et tous les rapports internationaux confirment sa gravité. L’essentiel de ce pour quoi nous sommes là, c’est de répondre à ces grands enjeux. Alors si certains veulent agiter des chiffons rouges en affirmant qu’on ne fait rien ou qu’on ne sait pas faire, c’est leur liberté

Cela n’a pas l’air de vous traumatiser !
Mais cet écolo-bashing, on s’y attendait!

Aussi violent ?
Regardez ce qu’on a déjà vécu pendant la campagne électorale ! On ne pouvait pas s’attendre à tomber dans le monde des bisounours une fois élus. Est-ce que cela va nous empêcher d’agir ? Peut-être à la marge… Moi je réponds en rappelant tout ce qu’on a lancé, que ce soit la conférence des maires d’arrondissement ou les premiers éléments de notre programme.

D’autres maires affirment pourtant avoir quasiment été contraints à une année blanche du fait du Covid-19 et que leur vrai mandat avec l’application de leur programme, va commencer en 2021. Vous, vous estimez avoir eu le temps de lancer vos projets ?
Dès septembre, on a sécurisé comme promis les abords des écoles, lancé les premières expériences de piétonnisation, préparé le plan de végétalisation, créé des vergers dans chaque arrondissement… Tout en mobilisant toute l’ingénierie nécessaire au vote de la PPI, le plan pluriannuel d’investissement. La précédente mandature avait attendu 15 à 18 mois avant de finaliser sa PPI, la nôtre est prête au bout de six mois.

Qui est derrière cet écolo-bashing ?
C’est un contexte global. En fait, je crois qu’on surprend ! On nous imaginait dogmatiques mais on prend le temps de concerter et d’écouter. Certains n’en avaient assurément pas l’habitude ! Prenez le maire du 6e arrondissement Pascal Blache : il s’est dit lui-même positivement surpris. (…)

La suite de cet entretien est à découvrir dans Mag2 Lyon de janvier, en vente ici.

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