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BTP – 18 % d’activité en 2020

L’avenir est très incertain pour le BTP régional. La crise du Covid a durablement impacté ce secteur qui s’était bien redressé en 2018 et en 2019. Les entreprises espèrent un plan d’aide pour relancer les chantiers. Par Maud Guillot

L’année 2019 s’était bien terminée pour la bâtiment régional. “On a enregistré une activité en hausse de 1 %, pour attendre 18 milliards d’euros de chiffre d’affaires”  analyse François Mareschal, secrétaire général de la Fédération Française du Bâtiment Auvergne-Rhône-Alpes. Une petite embellie qui avait concerné l’ensemble des secteurs : la construction neuve, comme la rénovation-entretien. Exemple :  56 000 logements ont été mis en chantier, contre une moyenne de 54 000 entre 2001-2018, ainsi que 3 720 000 m2 de locaux dans l’ensemble de la région. Mais il y avait tout de même, déjà, quelques bémols. En premier lieu : la baisse de la rentabilité des entreprises avec des prix de vente qui n’ont pas suivi la hausse des coûts des matériaux et de la main d’œuvre. “Résultat, le nombre de défaillances d’entreprises a progressé de 2,5 % en 2019. Avec +11 % d’effectifs concernés. Ce qui montre qu’on avait affaire à des TPE ou même des PME” ajoute François Mareschal. Autre nuance : le moindre dynamisme du marché lyonnais qui a un peu moins porté l’activité régionale. Le PLU a en effet mis du temps à sortir, créant un climat attentiste sur la construction neuve. Les deux Savoie ont tenu leur rang, avec une croissance soutenue, contrairement à l’Allier où la situation a été compliquée, et dans une moindre mesure le Cantal.

C’est sur ce bilan fragile qu’est intervenue la crise du Covid. Le secteur a évidemment été très impacté par le confinement et l’arrêt des chantiers. “Il y a eu un moment de grande tension quand la ministre du Travail Muriel Penicaud nous a enjoint à reprendre le travail sans tenir compte des conditions de sécurité pour nos salariés, alors qu’Emmanuel Macron venait de parler de guerre. Beaucoup de chefs d’entreprise se sont sentis déboussolés voire lâchés” résume François Mareschal dont la Fédération a rapidement travaillé à la mise en place d’un guide sanitaire. Mais la baisse de chiffre d’affaires est d’ores et déjà évaluée à 18 % pour 2020 avec une perte d’emplois anticipée à un millier. Début juillet, 95 % des chantiers avaient repris mais 22 % étaient en activité ralentie. “Heureusement, le chômage partiel a permis de garder les compagnons, ce qui est indispensable pour la reprise, surtout dans un contexte de pénurie des compétences”  ajoute François Mareschal qui redoute tout de même une catastrophe pour la fin de l’année et pour 2021 : “L’effet amortisseur du PGE et des différents dispositifs publics ne jouera plus et il faudra bien payer les charges, alors que nous avions déjà ce problème de rentabilité.” De plus, la mise en conformité Covid a entraîné des surcoûts de 5 à 10 % : achats de masques, bornes de gel hydro-alcoolique, limitation à deux salariés par camionnettes, et impossibilité de co-activité avec plusieurs corps de métiers sur les chantiers… Ce qui rallonge les délais. “Certaines entreprises travaillent à perte”. Du coup, la Fédération du Bâtiment milite pour une relance rapide des commandes publiques, notamment des collectivités locales. A l’image de Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes qui a annoncé un plan début juin. Il s’agit d’accompagner des projets mûrs concernant des équipements structurants, des infrastructures routières ou ferroviaires, à travers les Contrats Plan Etat Région. Exemple : un internat à Clermont-Ferrand, le déploiement de la fibre ou le tronçon de route Livron-Loriol… Dans la même idée, la Région souhaite mettre en place un “Bonus Relance”, pour un budget global de 250 millions d’euros afin de stimuler la commande publique des collectivités locales d’ici la fin de l’année : réfection d’école, rénovation d’équipements sportifs… “50 % des travaux pourront être financés” a souligné Laurent Wauquiez. A condition que les marchés publics privilégient la clause du mieux-disant, c’est-à-dire la qualité plus que le prix.

En revanche, François Mareschal est moins convaincu par le plan national “qui se fait attendre” alors que les élections municipales reportées fin juin ont encore ralenti le processus, car les nouveaux exécutifs doivent s’installer.

Pour sauver la filière, la Fédération du Bâtiment réclame donc plusieurs mesures : une annulation des charges sur la période d’urgence sanitaire. Un taux de TVA à 5,5 %  pour l’ensemble des travaux de rénovation-entretien, ainsi que des efforts sur le Crédit d’Impôt pour la transition énergétique.

Dans ce contexte, la victoire d’Europe-Ecologie Les Verts aux municipales à Lyon, ou Annecy est-elle de nature à inquiéter les professionnels ? Ce parti étant réputé être contre les intérêts des constructeurs… “54 % de notre activité est de l’entretien-rénovation. Donc on peut proposer une offre à la hauteur dans le cadre de la transition énergétique. Mais il faut absolument stimuler la demande” répond François Mareschal. Le problème, selon lui, c’est plutôt la thématique de l’artificialisation des sols. Les écologistes souhaitent consommer moins de foncier. Ce qui nécessite de revoir certains programmes immobiliers pour intégrer plus d’espaces verts. “On doit s’adapter aux évolutions de la société. On est prêts” conclut François Mareschal en soulignant que le BTP compte pour  9 à 10 % des emplois régionaux, des emplois non délocalisables, et que ce secteur est stratégique pour l’enjeu sociétal du logement.

Les bâtiment en 2019

– CA : 18 milliards d’euros, soit 12% du poids de la France

– 60 000 entreprises (12 % de la France)

– 142 000 salariés

– 56 000 logements mis en chantier

– 3 756 000 m2 de locaux mis en chantier (+1% par rapport à 2018)

– 54 % entretien-rénovation/ 46 % construction neuve

Les Travaux Publics en souffrance

Les Travaux Publics ont réalisé un chiffre d’affaires de 5,7 milliards d’euros dans la région en 2019, en hausse de 5 % par rapport à 2018. Soit 13,9 % de l’activité nationale, ce qui place la région en 2e position française. Ces entreprises qui participent à l’aménagement du territoire à travers des grandes chantiers (routes, réseaux électriques…) ont subi de plein fouet la crise du Covid en 2020. Elles comptent sur les collectivités locales (qui pèsent pour 46 % des commandes dans la région), pour relancer leur activité qui emploie plus de 37 000 personnes.

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