Municipales et métropolitaines : Un meeting féministe pour l’union de la gauche et des écologistes

Grégory Doucet et Bruno Bernard veulent mobiliser les féministes pour contrer Jean-Michel Aulas et Véronique Sarcelli. Lors d’un meeting animé hier par les députées Marie-Charlotte Garin et Sandrine Runel, qui ont rappelé qu’elles portent cet engagement à l’Assemblée nationale, le maire de Lyon et le président écologiste de la Métropole, tous deux candidats à leur réélection, ont mis en avant leur bilan et leurs promesses. Par Lionel Favrot

Les percussions de la batucada “percutensemble” s’entendaient hier samedi, en fin d’après-midi, depuis les quais du Rhône et les cyclistes curieux s’arrêtaient pour découvrir le spectacle. Tous les passants assis sur le parapet ne semblaient pas au courant du meeting organisé par les écologistes qui avaient justement choisi ce lieu des Berges du Rhône pour que des Lyonnais s’arrêtent spontanément.
En bas, joggeurs et musiciens passaient entre les grandes tablées et les files d’attente des stands de kebab iranien ou de bière, et des jeux pour enfants. Le choix de cette batucada n’était pas un hasard puisque la démarche artistique de cette association consiste en “des spectacles de rue pour favoriser la mixité sociale et l’inclusion.” Cette séquence musicale s’est terminée au pied de la scène avec une démonstration de leur danseuse, Francesca Basset, avant de laisser la place aux prises de paroles politiques.

La batucada “percutensemble”

“Agir”
Ces victoires, elles ne sont pas tombées du ciel. Aucune n’a été donnée”, cette déclaration de la jeune députée écologiste Marie-Charlotte Garin résume la combativité affichée par les intervenant(e)s lors de ce meeting, rythmé par des prises de position volontaristes. “L’égalité ne se demande pas, elle se conquiert”, a lancé Grégory Doucet. “Je souhaite rappeler une vérité : les droits des femmes n’ont jamais été donnés. Ils ont toujours été conquis”, a enchaîné Bruno Bernard. ”Il ne suffit plus de s’indigner. Ce qu’il faut, c’est agir. Et c’est précisément ce que nous faisons ici, à Lyon et dans la métropole de Lyon”, a insisté la députée socialiste Sandrine Runel. D’autres élues ont repris des citations célèbres dans le tableau final : “Je ne suis pas libre tant que toutes les femmes ne sont pas libres, même si leurs chaînes sont très différentes des miennes”, de l’écrivaine américaine Audre Lorde ou encore la décoration de la révolutionnaire Olympe de Gouges “la femme a le droit de monter sur l’échafaud. Elle doit avoir également a le droit de monter à la tribune”.
L’objectif de ce meeting, en cette veille du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, était bien de faire le lien entre les luttes pour le droit des femmes et cette campagne des élections municipales et métropolitaines. En invité d’honneur, Hélène Devynck, autrice d’Impunité, un livre qui révèle la face cachée de Patrick Poivre d’Arvor, et s’indigne du classement sans suite de plusieurs plaintes déposées par des femmes contre cet ex-star de la télévision. La journaliste a effectué un parallèle entre les guerres et le patriarcat, citant une autre phrase célèbre de l’écrivaine Virgina Woolf “le patriarcat est dans la maison ce que le fascisme est dans le monde”.

Décrypter les silences”
Hélène Devynck a clairement apporté son soutien à Grégory Doucet et Bruno Bernard.“
J’ai lu les programmes des candidats qui se présentent pour cette élection municipale. Et s’il y a une chose que les féministes ont appris, c’est à décrypter les silences. (…) Il y a un mot qui est invisible, c’est le mot femme. Il est cité deux fois dans le programme de Jean-Michel Aulas associé à la maladie, à la fragilité. Et pas une seule fois dans le programme d’Alexandre Dupalais. Et s’ils n’ont pas pensé à écrire le mot, ce n’est pas par maladresse, ce n’est pas par inadvertance. C’est un programme Faire disparaître les femmes, c’est une ruse vieille comme le patriarcat.” Une attaque des listes de Cœurs Lyonnais pour mieux souligner les réalisations et engagements de campagne des deux élus écologistes. Elle est ainsi revenu sur l’instauration du congé menstruel la Ville et à la Métropole, “Grégory Doucet et Bruno Bernard et leurs équipes n’ont pas oublié une chose, c’est que les femmes ont des règles et une ménopause”, la gratuité des protections hygiéniques dans les collèges et la mise en place du dispositif qui permet aux femmes agressées dans la rue de trouver refuge dans les commerces participants aux dispositifs. “Il y a aussi des aides pour celles qui fuient leur conjoint violent, des formations pour les policiers municipaux et même une maison de retraite LGBTQ”, a-t-elle ajouté.
Hélène Devynck a souligné son “
admiration pour Marie-Charlotte Garin et Sandrine Runel”, la première pour avoir porté “l’introduction du consentement dans la définition du viol et la fin du devoir conjugal”, la seconde pour avoir demandé à l’Assemblée Nationale la dissolution du collectif identitaire Némésis. Elle a conclu son intervention par un appel à voter Grégory Doucet et Bruno Bernard, “Sauver le climat, c’est des ambitions sages, efficaces, ancrées dans la réalité et chacun d’entre vous peut les rendre effectives d’une façon très simple avec son bulletin de vote. Vous êtes puissants, vous êtes puissantes. Vous avez les clés du camion. Servez-vous en !”

Sincère et combatif”
“A nous, les hommes, cela impose une exigence être alliés des luttes féministes. Ce n’est pas un mot, c’est une responsabilité. Cela veut dire être sincère, être combatif, se tenir aux côtés des femmes et surtout pas à leur place. Sinon, ce que certains appellent féminisme ne serait qu’un patriarcat repeint en violet”, a enchainé Grégory Doucet. “Depuis six ans, Lyon agit concrètement pour l’égalité. Trop d’hommes agressent, trop de victimes restent seules et trop de violences restent encore impunies ou invisibles. (…) C’est pourquoi nous renforcerons les dispositifs de mise à l’abri pour les femmes victimes de violences. Nous créerons un fonds municipal de solidarité pour leur permettre de reconstruire leur vie, et nous continuerons à soutenir les associations qui, chaque jour, accompagnent les victimes et brisent le silence. Parce que lutter contre les violences sexistes et sexuelles n’est pas une option, c’est une responsabilité collective.”
Le maire de Lyon a voulu rendre hommage aux élues de son équipe municipale sortante : “à Audrey Hénocque, dont la gestion rigoureuse des finances permet aujourd’hui à notre ville d’investir et de protéger nos services publics, à Chloé Vidal qui a redonné aux habitantes et aux habitants du pouvoir d’agir grâce au budget participatif, à Stéphanie Léger qui a amélioré concrètement les conditions d’apprentissage de nos enfants en rénovant les écoles et en réinventant leurs cours, à Sylvie Tomic, qui porte avec détermination les politiques d’égalité et d’accueil dans notre ville.”

“Une question profondément politique.”
Bruno Bernard a pris la suite du maire de Lyon sur la scène. “Trop souvent encore, ce sont les femmes qui payent le prix des inégalités. Quand une femme renonce à sortir le soir parce qu’elle ne se sent pas en sécurité, ce n’est pas un détail. Quand une mère seule voit son budget écrasé par le loyer, ce n’est pas une fatalité. Quand une aidante s’épuise à prendre soin d’un proche, ce n’est pas une affaire privée. Quand une femme âgée se retrouve isolée, ce n’est pas une situation individuelle. C’est une question profondément politique.”
Le président écologiste de la Métropole a listé à son tour les mesures prises par son équipe qui ont eu un impact pour le quotidien des femmes. “D’abord la liberté de se déplacer. (…) C’est pour cela que nous avons fait des marches exploratoires féminines pour identifier les problèmes d’insécurité et y apporter des réponses. Cela a conduit, par exemple, à permettre la descente à la demande dans les bus après 22h, pour toute personne seule. C’est pour cela que nous avons fait des bus, des lieux refuges avec des conducteurs formés pour réagir lorsqu’une personne cherche protection. Et demain, nous irons plus loin avec des campagnes renforcées contre le harcèlement, avec toujours plus de sécurité dans les transports en commun, avec des métros ouverts toute la nuit, le week end.”
Bruno Bernard a également cité d’autres mesures qu’il a prises sous son mandat pour contribuer à faire avancer l’égalité donc les Droits des Femmes : “l’encadrement des loyers, la construction de logements sociaux ou encore l’accession à la propriété, les tiny houses proposées par la Métropole pour abriter des femmes isolées avec enfants, les maisons de répit pour les aidant(e)s, la revalorisation des salaires des métiers du médico-social, du social, de l’administratif, des métiers très féminisés et souvent trop peu reconnus, des îlots sportifs inclusifs et des équipements plus ouverts aux filles et aux femmes…”
“Réserve citoyenne solidaire”
Parmi ses nouveaux engagements, Bruno Bernard a notamment promis la création d’une “réserve citoyenne solidaire” pour lutter contre l’isolement, “la gratuité des transports en commun pour les enfants de moins de dix huit ans qui ont un parent abonné.” Il a reproché aux listes Grand Coeur Lyonnais de Véronique Sarselli de vouloir “contester l’encadrement des loyers, supprimer le revenu de solidarité jeune et le congé menstruel pour les agentes de la Métropole. Derrière leur discours lisse, il y a une autre vision. Une vision qui considère que les solidarités coûtent trop cher, que les protections sont excessives, que l’égalité peut attendre. Nous disons exactement l’inverse. (…) Notre conviction est simple les politiques publiques au service des femmes ne sont pas un volet du projet métropolitain. Elles sont au cœur de notre projet.”

Screenshot

Les députées Marie-Charlotte Garin et Sandrine Runel sont intervenues à leur tour en affichant la même détermination. “Le 8 mars, c’est une journée de lutte. (…) Partout où la droite réactionnaire et l’extrême-droite avancent, les droits des femmes reculent, a conclu la députée socialiste, Nous avons choisi de faire ce que la Gauche sait faire de mieux quand elle est fidèle à elle même : se rassembler pour changer la vie.”
“A chaque fois que les femmes gagnent en liberté, en autonomie, en dignité, en protection, a lancé sa collègue écologiste, C’est la société tout entière qui avance. Le 8 mars n’appartient pas à celles qui instrumentalisent les femmes pour diffuser la haine. Le huit mars est une journée de combat pour nos mères, pour nos sœurs et pour nos filles. Alors soyez assurés d’une chose:  notre détermination à Lyon et dans la métropole de Lyon à mener ce combat ensemble.”
Le meeting s’est terminé par la montée sur scène de toutes les candidates des listes municipales et métropolitaines de l’Union de la gauche et des écologistes. Yasmine Bouagga, maire du 1er arrondissement, Marion Sessiecq, maire du 3e, Nadine Georgel, maire du 5e, Fanny Dubost, maire du 7e, Kheira Boukralfa, candidate dans la circonscription Lyon Centre, Manon Doyelle, candidate sur la circonscription Porte des Alpes, Hélène Geoffroy, maire de Vaulx-en-Velin, Zémorda Khelifi, candidate à Villeurbanne…pour entamer bien sûr “Debout les femmes”.

Les engagements de campagne de Bruno Bernard et Grégory Doucet

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